‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 65 sur 145 · E. — CORPS ÉTRANGERS DES VOIES AÉRIENNES · texte numérisé non relu

E. — CORPS ÉTRANGERS DES VOIES AÉRIENNES

Des corps étrangers, liquides ou solides, peuvent s’introduire accidentellement dans les voies aériennes, soit qu’ils proviennent du dehors, soit qu’ils occupent un siège voisin des conduits aériens (poumons, plèvres, l’oie, gros vaisseaux).

C’est ainsi qu’on peut voir un abcès du poumon, une pleurésie purulente, un kyste du foie, un anéA'rysme de l’aorte, faire irruption dans les bronches; un ganglion tuberculeux ou crétacé peut également se vider dans les cavités bronchiales. Mais ce sont là des complications particulières de certaines maladies, étudiées avec elles, et je ne m’occuperai que des corps étrangers introduits par la bouche ou par les narines, c’est-à-dire venant du dehors. Et encore aurai-je surtout en vue les corps solides, dont le rôle est prépondérant. Quand un liquide pénètre accidentellement dans le larynx, quand on avale de travers, il en résulte quelques quintes de toux et la santé n’est pas compromise. Chez un nourrisson cependant, Parrot a vu la mort résulter du vomissement de lait et de l’introduction de ce lait vomi dans la trachée (1). Mais c’est un cas exceptionnel.

Je ne parlerai pas des corps étrangers des fosses nasales, dont l’intérêt est; restreint, qui ne menacent presque jamais l’existence et dont l’extraction est relativement facile.

Je ne m’occuperai que des corps étrangers qui pénètrent dans le larynx, la trachée et les bronches.

litiologie. — Les corps étrangers des voies aériennes

(I) Société médicale des Hôpitaux, 1868.

ÏRAITÉ DES MALADIES DE L’EKFANCE

sont plus fréquents chez les enfants que chez les adultes; la plupart des observations publiées ont trait à des enfants de moins de dix ans.

C’est généralement en jouant avec un corps étranger de petit volume, tournant dans leur bouche, que les enfants sont exposés à l’introduire dans leurs voies aériennes.

Il suffit, pour que cette introduction soit possible, que l’enfant, sous le coup d’une émotion subite (frayeur, rire, pleurs), fasse une inspiration profonde qui entraîne le corps étranger dans le larynx avec la colonne d’air aspiré.

Le corps étranger peut aussi pénétrer dans le larynx pendant la déglutition, quoique cela soit plus rare, et cela s’observe surtout quand le pharynx est paralysé ou l’épiglotte détruite.

Les corps solides qui pénètrent à travers la glotte ont une forme et un volume très variables ; ce sont des objets en corne, en ivoire, en métal, des noyaux de fruits, des haricots, des pépins, etc. Les haricots figurent très souvent dans les observations : Guersant, sur 5 trachéotomies faites pour corps étrangers, eut affaire 5 fois à des haricots; Bertholle (1), sur 130 observations qu’il a réunies, compte 33 haricots; les noyaux de cerises et de • prunes viennent au second rang, avec le chilTre 19.

Voici un exemple de corps étranger rarement observé : un enfant de neuf ans, jouant avec un sifflet (2), aspire l’air à travers son instrument ; l’anche se détache et, à l’autopsie, on la trouve dans la bronche gauche.

On a trouvé parfois des corps vivants, des ascarides lombricoïdes, des sangsues, etc.

(1) Des corps étrangers dans les voies aériennes ; Paris, 1866.

(2) Aronssohn, Thèse de Strasbourg, 1836.

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