CORPS ÉTRANGERS DES VOIES AÉRIENNES
Anatomie palhologiquf'.-^hQ corps étranger introduit par le larynx peut s’y arrêter, descendre dans la trachée, où il est généralement mobile, puis dans les bronches, où il ne tarde pas à se fixer.
Sur 166 corps étrangers, Bourdillat note la présence dans la trachée 80 fois, dans le larynx 35 fois, dans la bronche droite 26 fois, dans la bronche gauche, 15 fois (1).
Le lai-ynx arrête seulement les corps trop gros ou anguleux; ils peuvent se fixer, s’enclaver dans l’espace sus-glottique, dans les ventricules. M. Guyon a vu, chez un enfant de six ans, un fragment de coquille de noix pénétrant dans le ventricule du larynx par une extrémité.
La trachée ordinairement n’est qu’un lieu de passage pour le corps étranger, qui se fixe plus volontiers dans les bronches; le corps, mobile d’abord, peut devenir immobile par le seul effet du gonllement que l’humidité lui fait subir (haricots). Au contact des corps étrangers, le larynx, la trachée, les bronches sont irrités, ulcérés, parfois perforés. De la perforation d’une bronche peut résulter la broncho-pneumonie, la gangrène du poumon, la pleurésie purulente, qu’on trouve assez souvent dans les autopsies (2). L’emphysème pulmonaire n’est pas rare à la suite des accès de suffocation qui accompagnent l’introduction du corps étranger.
Symptômes. — La pénétration du corps étranger dans les voies aériennes s’annonce par une violente quinte de toux avec suffocation. Après cet accès plus ou moins
(1) Gazette médicale de Paris, 1S68.
(2) Bouvier (Société médicale des Hôpitaux, 1864) a rapporté le fait suivant : uu garçou de huit ans avale de travers uu embout de parapluie. On trouve, a l'autopsie, la bronche gauche obturée et ulcérée, uue pleurésie purulente, des abcès pulmonaires, etc.
violent, le calme renaît souvent eoinplct, et, par suite, Irompenr. Mais im nouvel accès ne tarde pas à se reproduire, suivi d’une série d’autres, séparés toujours [)ar des intervalles de respiration libre et naturelle. L’intermittence des accès est presque caractéristique. Elle s’expliquera par la mobilité du corps étranger; tant qu’il reste fixé en un point, il ne donne pas de toux convulsive; mais, aussitôt qu’il se déplace et qu’il remonte vers la glotte, il se traduit par la suffocation.
Quand les quintes de toux se répètent incessamment, il peut en résulter de l’emphysème sous-cutané.
Les enfants accusent parfois un point douloureux au niveau du larynx ou un peu au-dessous; mais c’est un jihénomène inconstant et peu précis.
Quant aux bruits de choc, de grelot, de clapotement, de soupape, perçus par l’auscultation ou la palpation de la partie antérieure du cou, ils existent, mais ils sont très souvent obscurs et ne se rencontrent que dans les cas où le corps étranger est mobile dans la trachée, c’est-à-dire au moment des accès de suffocation, qui rendent l’exploration très difficile.
Quand le corps étranger s’est engagé dans une bronche de calibre, dont il oblitère la cavité, l’auscullation du [)Oumon révèle une diminution ou une absence complète du murmure vésiculaice dans une partie limitée; l’absence complète est très rare, la diminution est habituelle Cependant, la sonorité est normale a la percussion, et le contraste de ces deux signes (apnée et résonnance) est révélatrice du corps étranger. Enfin, si la présence du corps étranger a déterminé de la bronchite, de la pneumonie, on percevra d antressignes (râle, souffle) qui indiqueront ces complications.
Il peut arriv^er que l’accès de suflocation initial leste unique et que le corps étranger, fixé pour longtemps