‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 68 sur 145 · A. — BRONCHITE AIGUË · texte numérisé non relu

A. — BRONCHITE AIGUË

Etiologie. — La bronchite aiguë simple est extrêmement commune chez les enfants ; elle nous apparaît chez eux comme la plus fréquente des maladies de l’appareil respiratoire.

Elle peut être primitive, a frigore, et souvent alors un coryza à marche descendante la précède. Elle peut être secondaire ou symptomatique et accompagner la rougeole, la coqueluche, la fièvre typhoïde, la grippe.

On la voit parfois succéder à la suppression d’un eczéma, comme s’il y avait métastase ou répercussion de l’e.xanthème sur les bronches.

Le rachitisme prédispose aux manifestations bronchitiques ; de même, la scrofule et la tuberculose. L’enfant est d’autant plus exposé àla bronchite, qu’il est plus jeune ; à mesure qu’il avance en âge, il s’aguerrit contre les influences provocatrices de la maladie.

Quant au rôle que jouerait la dentition dans les bronchites de la première enfance, je crois qu’il a été singulièrement exagéré, et, pour ma part, je déclare n’avctir jamais vu de bronchite attribuable aü travail de la dentition.

Anatomie -pathologique. — Il est bien rare qu’on ait l’occasion de faire l’autopsie d’un enfant atteint de

bronchite aiguë. Ce que l’on rencontre, en pareil cas, c’est la pi-ésence de lésions congestives, avec épaississement léger delà muqueuse, exsudât muco-purulent à sa surface, etc. Les lésions sont très superficielles, très fugaces, comme dans toutes les affections catarrhales aiguës simples.

Symptômes. — 11 y a plusieurs formes et plusieurs degrés. Tantôt l’enfant, à la suite d’un refroidissement, a présenté des éternuements, du jetage, de la raucité de la voix, bientôt suivis de toux et de sensations pénibles dans la poitrine. C’est le rhume vulgaire, la trachéobronchite, qui guérit vite et n’alfecte à aucun degré l’état général.

Tantôt, l’inllammation estplus étendue, plus intense, il y a de la fièvre, de l’anorexie, un certain abattement qui oblige à prendre le lit. C’est la véritable bronchite.

L’enfant tousse incessamment, plus la nuit que le jour, par quintes ou par accès courts, secs et avortés^

En général, il n’y a aucune expectoration volontaire, les enfants ne sachant pas cracher avant sept ou huit ans, en moyenne.

Cependant, même chez les tout petits, on peut voir la toux suivie quelquefois de l’e.xpulsion de matières glaireuses qui semblent venir autant de l’estomac que du poumon et sont souvent accompagnées de vomissements alimentaires en dehors de toute atteinte coqueluchiale.

Quand les enfants sont grands et crachent, on constate que l’expectoration est d abord pituiteuse, aérée, puis plus épaisse, jaune, muco-purulente.

La dyspnée est plus ou moins accusée, elle l’est plus la nuit que le jour ; le nombre des respirations s’élève à 4ü, 50, 60 par minute, dans les cas intenses ; il n’est pas modifié dans les rhumes simples.

Page 1