‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 7 sur 145 · LES OREILLONS · texte numérisé non relu

LES OREILLONS

Les oreillons, la lièvre ourlienne, doivent être assimilés aux fièvres éruptives, dont ils se rapprochent singulièrement par leur contagiosité et par leur évolution cyclique.

Étiologie. — La fièvre ourlienne est une maladie infectieuse et contagieuse, dont le microbe, étudié par Capitan et Charrin (Société de Biologie, 1881), n’est pas encore bien déterminé. Cette maladie n’est pas particulière à l’enfance : elle frappe aussi les adolescents et les adultes, et se montre souvent plus grave chez eux. Elle est plus rare dans la première enfance que dans la seconde ; elle procède par petites épidémies qui s’éteignent assez vite et ne s’étendent pas loin. La contagiosité des oreillons est évidente ; quoique la période d’incubation soit très longue, j’ai pu, dans quelques cas, remonter à la source de la contagion.

TRAITli; DES MALADIES DE l’eNFAiNCE

Le conlage semble être assez volatile et il est probable qu’il suit la voie atmosphérique ; la transmission de la maladie par des tiers me paraît invraisemblable. M. Griffiths a trouvé, dans les urines de sujets atteints d’oreillons, une ptomaïne (1).

Symptômes. — V incnbalion des oreillons dépasse sensiblement celle de toutes les autres fièvres éruptives ; elle est en moyenne de trois semaines ; dans un cas que j’ai observé, elle a atteint quatre semaines.

L’invasion passe généralement inaperçue, elle est peu fébrile, on note parfois un peu d’anore.vie et d’embarras gastrique vingt-quatre ou quarante-huit heures avant fapparition du symptôme caractéristique. Dans tous les cas que j’ai vus chez les enfants, et ils sont nombreux, le début a été bénin, le gonflement parotidien seul attirait l’attention.

Les enfants accusent un peu de gêne dans la mastication et une légère douleur près de l’oreille; la région pré-auriculaire se tuméfie et la tuméfaction ne tarde pas à gagner l’angle de la mâchoire, puis la région sousmaxillaire et le cou. La peau est tendue, soulevée, sans rougeur marquée ; il y a une véritable Iluxion, qui parfois atteint des proportions énormes et qui a pour siège le tissu cellulaire sous-cutané, la glande parotide, la glande sous-maxillaire et les gaines conjonctives qui les entourent.

Le gonflement parotidien débute, en général, à gauche ; chez un petit garçon de quatre ans, j’ai vu la région parotidienne droite prise deux jours avant la gauche. Chez lui, le gonflement était énorme : il partait des deux oreilles et formait autour de la mâchoire inférieure un œdème colossal qui défigurait l’enfant et

(1) AcadémLe'des Sciences, 9 novembre 1891.

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