LES OREILLONS
Les oreillons, la lièvre ourlienne, doivent être assimilés aux fièvres éruptives, dont ils se rapprochent singulièrement par leur contagiosité et par leur évolution cyclique.
Étiologie. — La fièvre ourlienne est une maladie infectieuse et contagieuse, dont le microbe, étudié par Capitan et Charrin (Société de Biologie, 1881), n’est pas encore bien déterminé. Cette maladie n’est pas particulière à l’enfance : elle frappe aussi les adolescents et les adultes, et se montre souvent plus grave chez eux. Elle est plus rare dans la première enfance que dans la seconde ; elle procède par petites épidémies qui s’éteignent assez vite et ne s’étendent pas loin. La contagiosité des oreillons est évidente ; quoique la période d’incubation soit très longue, j’ai pu, dans quelques cas, remonter à la source de la contagion.
TRAITli; DES MALADIES DE l’eNFAiNCE
Le conlage semble être assez volatile et il est probable qu’il suit la voie atmosphérique ; la transmission de la maladie par des tiers me paraît invraisemblable. M. Griffiths a trouvé, dans les urines de sujets atteints d’oreillons, une ptomaïne (1).
Symptômes. — V incnbalion des oreillons dépasse sensiblement celle de toutes les autres fièvres éruptives ; elle est en moyenne de trois semaines ; dans un cas que j’ai observé, elle a atteint quatre semaines.
L’invasion passe généralement inaperçue, elle est peu fébrile, on note parfois un peu d’anore.vie et d’embarras gastrique vingt-quatre ou quarante-huit heures avant fapparition du symptôme caractéristique. Dans tous les cas que j’ai vus chez les enfants, et ils sont nombreux, le début a été bénin, le gonflement parotidien seul attirait l’attention.
Les enfants accusent un peu de gêne dans la mastication et une légère douleur près de l’oreille; la région pré-auriculaire se tuméfie et la tuméfaction ne tarde pas à gagner l’angle de la mâchoire, puis la région sousmaxillaire et le cou. La peau est tendue, soulevée, sans rougeur marquée ; il y a une véritable Iluxion, qui parfois atteint des proportions énormes et qui a pour siège le tissu cellulaire sous-cutané, la glande parotide, la glande sous-maxillaire et les gaines conjonctives qui les entourent.
Le gonflement parotidien débute, en général, à gauche ; chez un petit garçon de quatre ans, j’ai vu la région parotidienne droite prise deux jours avant la gauche. Chez lui, le gonflement était énorme : il partait des deux oreilles et formait autour de la mâchoire inférieure un œdème colossal qui défigurait l’enfant et
(1) AcadémLe'des Sciences, 9 novembre 1891.