‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 70 sur 145 · BRONCHITE AIGUE · texte numérisé non relu

BRONCHITE AIGUE

monaires que M. Cadet de Gassicourt a bien étudiées.

Je ne parlerai que pour mémoire des convulsions et du délire; ce sont là des manifestations très rares, qui ne menacent que les enfants prédisposés.

La bronchite aiguë simple procède rapidement : on voit des cas qui ne durent pas plus de trois à quatz'e jours ; en général, il faut compter huit à quinze jours pour parachever la guérison.

Dans quelques cas, la marche de la maladie est traînante, elle procède par rémissions et exacerbations, par répétitions, et l’on doit craindre le passage à l’état chronique, surtout chez les enfants dont l’état général laisse à désirer, chez les rachitiques, les scrofuleux, les eczémateux.

La terminaison est favorable dans la grande majorité des cas. Mais, sans parler des récidives, du passage à la chronicité, il faut compter avec les complications (bronchite capillaire, broncho-pneumonie), qui sont toujours imminentes chez les enfants affaiblis, athrepsiés ou préparés à ces manifestations par une maladie antérieure (rougeole, coqueluche, grippe, etc.).

Le pronostic varie d’ailleurs avec l’âge ; il est d’autant plus sérieux que l’enfant est plus jeune. J’oserai dire aussi que ce pronostic varie avec la saison ; la bronchite aiguë est plus fréquente et plus dangereuse en hiver qu’en été. Il y a des enfants qui toussent tous les hivers, d’autres qui s’enrhument périodiquement ; alors, il faut craindre l’asthme.

Mais, par elle-même, la bronchite ne tue pas, elle ouvre seulement la porte à des maladies qui peuvent tuer. M. Cadet de Gassicourt n’a pas vu un seul cas de bronchite aiguë aboutir à la mort, et mon expérience est conforme à la sienne.

Diagnostic. — Le diagnostic de la bronchite aiguë est

TRAITÉ DES MALADIES DE l’EiNFA.MJE

facile; la toux, les raies, perçus parfois à la main aussi bien qu’à l’oreille, sufliseut pour faire reconnaître la bronchite. Nombre d’enfants toussent sans avoir de bronchite, pour un coryza à écoulement postérieur, pour une pharyngite; le diagnostic ne se fait qu’à l’auscultation. Mais il ne suffit pas de dire bronchite, il faut qualifier cette bronchite.

Est-elle simple, sans malignité, rapidement curahle? N’est-elle pas le prélude d’une rougeole, d’une coqueluche, d’une grippe, d’une tuberculose?

On ne pourra pas toujours donner une réponse caté^ goriqiie à un premier examen. On se renseignera sur les conditions étiologiques, sur le refroidissement, sur la présence ou l’absence de coqueluches ou de rougeoles dans l’entourage des enfants; on tiendra compte de l’épidémie régnante.

De même, il ne sera pas toujours facile de prévoir la durée de la bronchite; il m’a semblé que la bronchite la plus courte était la bronchite grippale. On tiendra compte, dans l’appréciation de la durée, de l'état général du sujet (rachitisme, scrofule).

Traitement. — On ne donnera pas d’opium aux enfants atteints de bronchite. A ceux qui sont sains et vigoureux, on prescrira avec avantage la poudre d’ipéca (50 centigrammes à 1 gramme dans 50 grammes de sirop d’ipéca ou dans nn peu d’eau sucrée). L’ipéca sert à la fois d’évacuant pour les crachats déglutis et de sédatif.

Comme révulsifs, on emploiera la teinture d’iode, les ventouses sèches, les cataplasmes sinapisés (un quart de farine de moutarde, trois quarts de farine de lin); on laissera ces cataplasmes en contact avec la peau pendant quinze à vingt minutes. Comme potion calmante, ii le sirop de tolu, le sirop de térébenthine ou de terpiiit.

BnONCllITE Clir.ONIOUE

(deux à trois cuillerées clans une infusion de violettes ou de fleurs pectorales, ou dans du lait chaud). Pour remonter les enfants cjui marqueraient une tendance à l’assoupissement et à l'abattement, on ajoutera du cognac (5, 10, 15 grammes) à leur sirop balsamique. Dans quelques cas, dans ceux où la toux est quinteuse et spasmodique, on aura recours à la belladone (5 à 10 grammes de sirop), à l’aconit (10 à 30 gouttes d’alcoolature). On gardera les enfants à la chambre, on leur tiendra les extrémités chaudes (enveloppements ouatés).

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