PNEUMONIE
L’enfant se remet très vite d une pneumonie 5 la convalescence est rapide et les forces se rétablissent promptement. Mais les rechutes et les récidives ne sont pas rares.
Quelquefois, la durée est si courte (pneumonie abortive) qu’on peut songer à la congestion pulmonaire, si bien décrite par M. Cadet de Gassicpurt. Dans deux de ces cas, MM. Picot et d’Espine auraient trouvé le pneumocoque.
Il n’est pas rare de voir la pneumonie des enfants se compliquer d’accidents nerveux plus ou moins effrayants. C’est la pneumonie cérébrale de Rilliet et Barthez, avec prédominance des convulsions (forme éclamptique) ou du coma et du délire (forme méningée).
L’âge, d’une part, le nervosisme, de l’autre (fils de névropathes, d’arthritiques), expliquent ces manifestations dont la pneumonie est le prétexte.
Les convulsions peuvent marquer le début et se répéter ensuite ; elles sont générales, ou limitées à la tête, aux yeux, aux mains ; elles alternent parfois avec le coma. Elles n’indiquent pas une mauvaise terminaison, mais un mauvais terrain ; leur répétition peut être l’indice d’une poussée congestive autour du foyer ou ailleurs.
Dans la forme méningée, la céphalalgie, les vomissements peuvent être associés à la constipation ; puis vient un assoupissement inquiétant ; alors, on songe volontiers à \o.méningiLe tuberculeuse, quoique son début ne soit que très rarement aussi bruyant. Le délire est tranquille et n’apparaît que dans la seconde enfance (cinq à six ans).
A côté de la forme cérébrale prend place la forme typhoïde, annoncée par des épistaxis, des accès fébriles rémittents, des vertiges, de l’hébétude, de la stupeur.
Si la pneumonie est centrale, rauscultation est négative, et l’on ne peut reconnaître la pneumonie que trois ou quatre jours plus tard.
Diagnostic. — Le diagnostic, dans ces cas, est incertain et l’on peut songer à la fièvre typhoïde, à une fièvre éruptive, etc. Cependant, l’incertitude est temporaire et bientôt les signes physiques permettent d’asseoir le diagnostic.
La pleurésie, qui accompagne parfois la pneumonie ou qui lui succède, en diffère par une réaction générale moins vive, par une matité plus complète, par l’absence de râles. Mais la pneumonie peut être massive et se traduire par une matité absolue et un silence complet. On aura recours à la ponction exploratrice.
Le début par des convulsions pourrait faire songer à l’éclampsie infantile, mais la fièvre excessive éloigne cette idée ; la méningite n’a pas cette invasion brutale.
La congestion pulmonaire se distingue par sa courte durée (vingt-quatre à trente-six heures).
Ce qui est vraiment difficile, c’est de distinguer, même à l’autopsie, la 'pneumonie franche de la bronchopneumonie pseudo-lobaire ,• la bactériologie servira de critérium, car la présence de la fibrine n’en est pas un.
La broncho-pneumonie mamelonnée a des signes plus fugaces, une courbe thermique moins élevée et plus irrégulière.
La phthisie aiguë a aussi des oscillations thermiques plus grandes et pas de signes en foyer limité.
Pronostic. — Dans la pneumonie infantile, la guérison est la règle, la mort est l’exception. Sur 212 cas, Barthez n’accuse que 2 décès, et M. Cadet de Gassicourt, sur 70 cas, 1 seul décès (pneumonie secondaiie à la fièvre typhoïde).
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Ouaiici Ja mort survient, elle est le fait d’une complication (méningite, otite, péricardite, pleurésie). Audessous de deux ans, la pneumonie est plus redoutable ([u’au-dessLis de cet âge.
Le passage à l’état chronique est exceptionnel.
Quand la pneumonie se complique de pleurésie, si celle-ci est sèche ou séro-fibrineuse, elle peut se résoudre en même temps que la pneumonie ; mais elle peut lui survivre, et, en fait, elle lui survit toujours ({uand elle est purulente.
Traüement . — Étant donnée la bénignité habituelle de la pneumonie, l’expectation pure et simple serait préférable, chez l’enfant, à une thérapeutique trop active.
Dans les formes simples, on se contentera de veiller à la régularité des selles (lavement, léger purgatif), on donnera des liquides en abondance, du lait coupé de tisane (violettes, mauves, etc.).
On appliquera quelques ventouses sèches' sur la poitrine, un cataplasme sinapisé, etc.
Danslesformes cérébrale, hyperthermique, typhoïde, on aura recours aux bains tièdes, au linge mouillé, aux affusions Iroides, à la quinine. On donnera une légère dose de bromure ou de chloral (par décigrammes) pour combattre l’agitation, l’insomnie, le délire. S’il y a du collapsus, on aura recours à l’alcool, à la digitale, à l’éther, à la caféine.
Bref, on attendra, pour intervenir, que des indications formelles se présentent.
TRAITÉ DES MALADIES DE l’eNFANCE