PLEURÉSIE PURULENTE
varie suivant les cas ; mais, d’une façon générale, on peut dire qu’il est devenu, grâce aux progrès de la médecine, relativement bénin.
Sans doute, quand l’empyème est d’origine tuberculeuse, il est très grave, pour ne pas dire incurable.
Mais nous savons que, chez l’enfant, nous avons surtout à compter avec des formes moins graves ; la pleurésie jjurulente est presque toujours à pneumocoque ou à streptocoque, et, à ce titre, elle est justiciable du traitement antiseptique que j’indiquerai plus loin.
Si la pleurésie est à pneumocoque, elle peut guérir spontanément ou par de simples ponctions ; c’est la forme la plus bénigne. Mais la constatation du microbe ne suffit pas, il faut s’inspirer de l’état général du sujet et de la marche de la maladie.
Telle pleurésie à pneumocoque, qui devait guérir par la ponction, nécessitera la pleurotomie ; telle autre pleurésie â streptocoque, théoriquement plus grave, pourra céder à une seule ponction.
Chez l’enfant, la mortalité de la pleurésie purulente ne dépasse pas 16 p. 100; elle est de 33 p. 100 chez l’adulte.
Diagnostic. — J’ai dit que les signes physiques ne suffisaient pas, que l’absence de pectoriloquie aphone n’avait pas de valeur absolue. D’ailleurs, chez les petits enfants, ce signe ne pourra être éprouvé.
La longue durée de l’épanchement donne une présomption en faveur de la purulence.
L’œdème de la paroi, quoiqu’il se rencontre parfois dans la pleurésie séreuse, a une certaine valeur; l’empyème de nécessité, la pulsatilité, en ont davantage et permettent d’affirmer la purulence.
La fièvre foile, les sueurs profuses, la diarrhée, le faciès terreux, indiquent la suppuration. Mais il faut s’e n
TRAITÉ DES MALADIES DE l’ENFAXCE
assurer par une ponction exploratrice cpii permettra, par surcroît, de faire examiner le liquide au microscope et de rechercher la présence des microbes habituels (pneumocoque, streptocoque).
Cet examen bactériologique est de rigueur, car il peut donner des indications thérapeutiques.
Quand la pleurésie s’accompagne de signes pseudocavitaires (souffle, gargouillement), on peut songer à la tuberculose ; mais on aura égard au siège de ces signes (partie moyenne ou base), à la matité absolue de la région où ils sont perçus, etc.
Si l’empyème est pulsatile, on pourra croire à un anévrysme de l’aorte; mais on l’écartera bien vite en constatant l’absence d’expansion, l’étendue de la matité, la faiblesse des battements. Les tumeurs hydatiques des poumons et du foie seront reconnues, en cas de doute, par la ponction capillaire, qui donnera un liquide limpide, incolore, contenant des crochets.
La pleurésie purulente reconnue, ainsi que son origine (examen du pus, antécédents), il est important de connaître la quantité de liquide épanché et sa disposition.
Chez un petit garçon de trois ans, qui offrait une matité très étendue, je n’ai pu retirer que 100 grammes de liquide; la pleurésie ici était en lame et le pus était refoulé par une congestion pulmonaire concomitante (1).
On tiendra compte de l’abaissement des viscères ffoie, rate), de la voussure du thorax, pour apprécier l’abondance de l’épanchement.
S’il y a plusieurs loges, on ne le saura qu’après la ponction, car il ne faut pas compter sui les vibrations thoraciques (si incertaines chez l’enfant) pour décelei
(1) TraUement de la pleurésie puruhnle chez les enfants {Société médicale des Hôpitaux, 1891).