‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 79 sur 145 · C. — PNEUMOTHORAX · texte numérisé non relu

C. — PNEUMOTHORAX

Le pneuraothoi-ax, relativement rare dans renfance^ est formé par l’accumulation de gaz dans la -plèvre. Il est exceptionnel que répanchement gazeux, que l’air introduit dans la plèvre, soit isolé ; sa présence, en effet, ne tarde pas à provoquer l’irritation de la séreuse et la ])i-oduction de sérosité ou de pus, d’où les variétés habituelles décrites sous le nom à’hydro et pyo-pneumo thorax.

hhiiologie. — Le pneumothorax, chez l’enfant comme chez l’adulte, résulte d’une perforation pulmonaire, dans la grande majorité des cas. Cette perforation se fait de dedans en dehors (cas fréquent) ou de dehors en dedans (cas rare).

Le traumatisme peut jouer un rôle : choc, quinte de * toux, effort exagéré, insufflation. Quand le traumatisme est seul en cause, le pneumothorax n’est pas grave et l’épanchement gazeux ne tarde pas à se résorber.

Il en est autrement quand le pneumothorax succède à la rupture d’une caverne tuberculeuse, d’un abcès pulmonaire, d’une A^acuole broncho-pneumonique, d’un foyer gangreneux. Dans ces cas, l’irruption d’air dans la plèvre entraîne des produits séptiques qui l’irritent et donnent lieu au pyo-pneumothorax rebelle et dangereux.

La pleurésie purulente est- la grande cause des perforations de dehors en dedans, qui s’accompagnent de vomiques et en même temps de pneumothorax. La maladie serait plus fréquente dans la première que | dans la seconde enfance ; sur 15 cas, Rilliet et Barthez, en comptent 10 au-dessous de cinq ans, et 5 au-dessus.

PNEÜMOTJIOHAX

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Anatomie patitologicjue. -- Si la plèvre est ouverte sous l’eau, on voit les gaz s’écliapper en bouillonnant , et l’on constate l’alTaissement du poumon. Essaie-t-on (le l’insuffler, on n’y réussit pas, à moins que la perforation ne soit cicatrisée, l’air qu’on introduit par la canule s’échap])ant par la fistule.

La perforation est unique ou multiple ; son siège varie suivant la cause (sommet, partie moyenne, base), mais il affectionne surtout le liord postérieur du poumon.

Dans un cas de gangrène pulmonaire (Rilliet et barthez), les perforations étaient si nombreuses que la surface du poumon était criblée comme une passoire. Les dimensions de ces orifices varient beaucoup ; on en voit de punctiformes, d’autres atteignent l à 2 centimètres de diamètre. Les uns sont arrondis, les autres inégaux ; parfois, c’est une simple fente qui conduit dans une caverne ou une bronche. 11 peut y avoir, sur la listule, une sorte d’opercule ou de soupajie qui la cache, sans l’oblitérer. Quelquefois, la perforation est cicatrisée. Le pneumothorax est plus souvent général que partiel; il n’est partiel que dans les cas ofi la ])lèvre est préalablement cloisonnée par des adhérences. Le liquide contenu dans la plèvre est d’ordinaire purulent, séro-pnrulent, souvent fétide.

Les fausses membranes sont abondantes.

Siimplômes. — Les signes physiques sont pathognomoniques : outre la voussure et la dilatation du côté malade, qu’on peut mesurer, on constate une sonorité exagérée à la percussion, l’abolition des vibrations thoraciques, le souffle amphorique, le tintement métallique, le bruit d’airain, le bruit de Ilot.

Les signes ne sont pas toujours au complet, uu seul suffit (le bruit de succussion hippocratique).

THAITÉ DES MALADIES DE l’eNFANCE

Le début du pneumotborax est souvent marqué par un violent point de côté, de l’angoisse, de la dyspnée ; chez les enfants très jeunes, la douleur manque ou n’est qu’imparfaitement traduite. Mais les respirations sont fréquentes (50, 60 par minute), la voix et les cris sont entrecoupés, il y a des gémissements, de la toux, parfois des crachats purulents ou des vomiques.

L’enfant garde la position assise ou se couche sur le côté malade.

Si le pneumothorax siège à gauche, le cœur est refoulé à droite, comme dans la pleurésie. Peu à peu, la dyspnée diminue et le malade semble s’habituer à la compression d’un poumon, surtout si l’autre est sain.

Cependant, la face est pâle, les lèvres sont violacées, il y a de la fièvre, le pouls est petit et rapide, les extrémités tendent à se refroidir. On a noté, chez quelques enfants, des convulsions au début.

Que le début ait été insidieux ou brutal, la marche est la même : tantôt, le pneumothorax vient terminer une maladie très grave (tuberculose, gangrène), et la mort est rapide ; tantôt, il est accidentel et peut guérir ]iar oblitération spontanée de la fistule et résorption de l’épanchement.

Mais, dans tous les cas, la durée est longue et le pronostic des plus réservés.

DiagnosLlç. — Si les symptômes fonctionnels n ont rien de caractéristique, les signes physiques permettent toujoivrs de faire le diagnostic. L’emphysème est bilatéral, il ne présente, ni le souffle amphorique, ni le bruit de succussion. Le pneumothorax partiel peut simuler une caverne 5 mais celle-ci donne un biuit de pot fêlé et n’entraîne pas la perte des vibrations thoraciques.

Quant à la cause du pneumothorax, on la reconnaîtia

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par les antécédents, tuberculose pulmonaire, bronchopneumonie, gangrène, pleurésie. La notion de cause est très importante, car elle entraîne le pronostic.

Traitement. — Contre les phénomènes douloureux du début, on agira par les ventouses sèches, les cataplasmes sinapisés, les ventouses scarifiées au besoin.

Si la sulTocation est imminente, on sera autorisé à ponctionner l’épanchement et même à faire la pleurotomie antiseptique., qui a donné des succès relatifs chez les adultes, et qui sans doute serait encore plus profitable aux enfants.

SECTION III

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