ANOMALIES GÉNITALES DES PETITES FILLES
En faisant écarter les cuisses de l'enfant, et en essayant d'introduire une sonde molle dans l'urètre, on détermine aussitôt une hémorragie, qui ne vient ni du vagin, ni de la vessie, mais bien du méat. Il suffît de cautériser le bourgeon saignant avec un crayon de nitrate d'argent mitigé, ou avec une solution à 1 p. 50, pour arrêter le sang. Dans quelques cas, le prolapsus est évident ; il fait tumeur ; on est obligé de pratiquer l'excision (Broca).
30 Menstruation précoce. — Dans les casoù le sang vient du canal vaginal etdela cavité utérine, on se trouve en présence d'une menstruation précoce ; l'hémorragie est périodique et en rapport avec une ovulation prématurée. Fenwick B{ ekman {Arch. of.Ped., janvier 1915) explique la maturité précoce chez les filles, par un trouble dans la sécrétion des glandes endocrines (hypophyse, glande pinéale, thyroïde).
On a vu des fillettes qui étaient réglées à huit ans, à six ans, à trois ans, à deux ans même. En même temps on remarque que ces liUettes sont plus développées que ne le comporte leur âge ; leurs seins sont gros, leur mont de Vénus est ombragé de poils plus ou moins longs. Le D^ V. Gautier [Bev. méd, de la Suisse Rom., 15 nov. 1884) a dressé un tableau, qui pourrait être allongé aujourd'hui, des menstruations prématurées :
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A ces 28 cas des deux premières années, il faut ajouter 11 cas entre deux et six ans (2 de deux à trois ans, 5 de trois à quatre, 3 de quatre à cinq, 1 de cinq à six), en tout 39 cas.
W. Stœltzner (Mediz. Klinik, 1908, n» 1) a vu une fillette de deux ans 10 mois réglée depuis l'âge de deux ans : gros seins, vulve très développée, vagin élargi, taille d'une enfant de cinq ans. Chez une fillette nouveau-née, menstruée le lendemain de sa naissance, le D^ W. Frew (Brii. Med. Jour. y 21 juin 1902) a noté des convulsions qui ont duré autant que l'écoulement vaginal, c'est-à-dire trois jours, et se sont terminées par la guérison.
Il n'y a pas heu de se préoccuper de cette anomalie, contre laquelle on ne peut rien ; les fillettes ainsi menstruées prématurément sont anormales ; elles deviennent fréquemment chlorotiques, d'après Unger; elles sont plutôt marquées d'une tare pathologique que douées d'un tempérament enviable.
40 Dysménorrhée et métrorragies. — Les troubles de la menstruation chez les jeunes filles vierges, réglées prématurément ou en temps opportun, méritent d'attirer l'attention. L'établissement de la puberté ne se fait pas toujours silencieusement et normalement. Il peut être traversé par des incidents douloureux, pénibles, par des troubles nerveux, par des modifications de la crase sanguine, par des hémorragies.
Au début, les règles ^ont rarement d'une périodicité parfaite. Apres s'être montrées une fois, elles se feront attendre plusieurs mois. Ou bien, répétées à des intervalles convenables pendant cinq à six mois, elles s'arrêtent pendant trois mois, six mois, un an avant de réapparaître.. Ou bien elles reviennent trop souvent, toutes les deux ou trois semaines. L'enfant accuse des doulems au moment des époques ; elle est nerveuse, irritable, ou bien elle pâlit et devient chlorotique. J'ai vu la dysménorrhée (irrégularité, retard) disparaître par une petite dose de thyroïdine répétée pendant 8 à 10 jours (2 à 5 centigr.). On peut associer l'extrait thyroïdien à l'extrait ovarien. Quelques jeunes filles ont des métrorragies plus ou moins inquiétantes. D'après Lamy {Des métrorragies chez les jeunes ////es, Nancy 1896), les pertes s'observeraient chez deux catégories de fillettes : les unes anémiques ou chlorotiques au moment de la menstruation, les autres bien portantes. Dans le premier cas, la perte de sang est commandée par une cause débilitante générale ; dans le second, il faut soupçonner une cause locale (métrite virginale avecfongosités vasculaires, salpingo-ovarites consécutives à une vulvo-vaginite ancienne).
Bécigneul [Soc. méd. chir. de Nantes, 1896) a vu une métrorragie grave chez ime fillette de treize ans réglée depuis peu, sans aucune lésion apparente. Le repos, des injections chaudes (45°) ont mis un terme à l'hémorragie. Il faut toujours conseiller le repos prolongé au lit et tenter l'hémostose avec : ergotine, hamamelis, eau chaude en injections. S'il y a de l'anémie, on la combattra par les ferrugineux. Tl est bien rare que les métrorragies virginales présentent de la gravité. Au bout de quelques mois, la fonction menstruelle s'exerce régulièrement. P. Homs [Tlièse de Paris, 26 mai 19C6) a réuni 15 cas de métrorragies de la puberté. A. Siredey (Les ménorragies essentielles des jeunes filles [Journal des Praticiens, 16 déc. 1899) croit à l'extrême rareté des causes locales, quoiqu'on ait cité des cas de mijomes utérins, d'allonge^ menîs hypertrophiques du col, de métrite, de salpingo-ovariîe, de dégénérescence sctéro-lîijslique des ovaires. La cause est plus générale (maladies du cœur, rétrécissement mitral surtout, albuminurie, chlorose, hystérie, maladies infectieuses, intoxications par la quinine et les préparations salicylées). Souvent on ne peut invoquer que la diaitièse neuro-arthritique, qui rapproche les ménorragies des épistaxis des jeunes sujets. Comme causes provocatrices, on doit incriminer la marche prolongée, la course, la bicyclette, l'équitation, la danse. On devra interdire ces exercices et prescrire le repos absolu au lit pendant toute la durée des époques. Reste le traitement hygiénique de la diathèse arthritique. Par exception les métrorragies virginales peuvent dépendre d'un cancer utérin précoce. J.-E. Adams [Roy. Soc.'of Mec?., juin 1916) a vu mourir de carcinome glandulaire de l'utérus une fillette de 2 ans 1 /2 : aréoles remplis de sang, cellules tubulaires, épitheliome glandulaire du corps utérin, ovaires et trompes indemnes. Hémorragies vaginales avec tumeur hypogastrique. Opération. ]Mort 2 mois plus tard.
Dans plusieurs cas d'hémorragies utérines de jeunes filles, inquiétantes par leur répétition ou par leur abondance, j'ai employé avec succès les injections sous-cutarées de sérum de cheval (20 centimètres cubes de sérum de Roux répétés tous les jours pendant 4 à 5 jours).
KYSTES DE UOVAIRE 555