ANOMALIES GÉNITALES DES PETITES FILLES
10 Adhérences vulvaires. — L'imperforation de l'hymen ne devant que plus tard, au moment de la menstruation, faire sentir ses effets, je ne parlerai q\\e des adhérences des petites lèvres, qui, dès la naissance, peuvent gêner la miction et nécessiter une intervention immédiate.
Les lèvres peuvent être soudées entre elles par un pont membraneux, ou unies faiblement par une adhérence celluleuse que le moindre effort permet de rompre. En général, le pont n'est pas complet, il laisse en haut un écartement par lequel les urines trouvent une issue plus ou moins directe. Si l'orifice urétral est complètement masqué, il y aura rétention d'urine dans la vessie ou accumulation de cette urine à la vulve. Une sonde cannelée maniée avec douceur suffira dans la plupart des cas. Au besoin, on aura recours au bistouri guidé par cette sonde. Henoch conseille de décoller les petites lèvres avec le manche d'un scalpel ; Kirmisson s'est servi d'un stylet ; on pourra employer un instrument de fortune préalablement stérilisé à l'eau bouillante.
Outre les adhérences des lèvres, on rencontre parfois des adhérences du clitoris avec son capuchon muqueux ; il faudra libérer ces adhérences, source de démangeaisons et cause possible d'onanisme.
2° Hémorragies vulvaires. — Outre les hémorragies vulvaires des fillettes nouveau-nées décrites dans le complexus hémorragipare des premiers jours de la naissance, on observe, chez des enfants plus âgées, des pertes de sang qui relèvent d'un processus inflammatoire (vulvite, urétrite).Lavulvo-vaginite des petites filles s'accompagne assez souvent d'hémorragies qu'on a pu prendre pour des métrorragies ou des règles prématurées. J'ai montré que ces écoulements de sang étaient liés à la vulvite [Soc. Méd. des Hôpilaux, 23 oct. 1896). Le sang provient d'un bourgeon fongueux situé au niveau du méat urinaire, et que plusieurs auteurs ont attribué au prolapsus urétral.
J'ai vu un cas de prolapsus urétral avec hémorragie chez une fille qui n'avait pas de vulvite, mais qui, toujours constipée, faisait des efforts capables de chasser la muqueuse au dehors. Un cas semblable a été rapporté par Bente (Mûnch. med. Woch., 31 déc. 1901). Il s'agissait d'une fiflette de cinq ans sujette à des hémorragies vulvaires abondantes. L'examen montra une tumeur rouge du volume d'un œuf de pigeon à l'entrée du méat ; cette tumeur pouvait être réduite, mais elle se reproduisait aussitôt. Il fallut l'exciser. La cause du prolapsus était une constipation opiniâtre qui obligeait l'enfant à des efforts de défécation violents et prolongés.