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MALADIES DES VEINES

Ayant parlé des hémorroïdes, à propos des maladies de Tintestin, il ne me reste qu'à décrire les thromboses veineuses, la phébite aiguë, la phébiie chronique.

1° Thromboses veineuses. — Il y a longtemps que Parrot et Hutinel (1876) ont insisté sur la prédisposition des enfants athrepsiques aux thromboses veineuses. Les recherches bactériologiques modernes ont montré que ces thromboses étaient d'origine infectieuse et méritaient le nom de thrombophlébites. Claude a trouvé le pneumocoque dans la thrombose des sinus {Soc. Anal., 1895) ; J. Halle et Ulmann y ont trouvé le streptocoque [Arch. de Méd. des Enfanls, 1900). Les thromboses cérébrales et sinusiennes se développent d'ailleurs au cours des maladies infectieuses : scarlatine, rougeole. Dans un cas qui m'est personnel (Arch. de Méd. des Enfanls, 1902), une fillette de dix-sept mois, atteinte de broncho-pneumonie, a présenté une thrombose des sinus, des hémorragies méningées ^et cérébrales, une thrombose de la veine rénale. Dans un cas du D^ d'Astros, la thrombose de la veine basilaire s'était accompagnée de ramollissement du pédoncule cérébral gauche. C'est un exemple rare de ramollissement encéphalique par oblitération veineuse.

Nous ne reviendrons pas sur la thrombose des veines rénales et sur la phlébite ombihcale, traitées ailleurs.

La thrombose de la veine porte est plus rare. Dans un cas de Rogers (Brit. med. Jour., juin 1899), il s'agissait d'un garçon de cinq ans, qui, depuis trois mois, présentait un gros ventre, avec ascite et grosse rate. Puis gros foie et hématémèse, plus tard melsena, hématémèse, anémie grave. L'année suivante, rate énorme ; quatre ans après, nouvelles hématémèses et mort. On trouve, à l'autopsie, la thrombose des veines spléniques, d'une veine coronaire de l'estomac, de la mésentérique supérieure et de la veine porte. On pouvait admettre une sorte de pyléphlébile chronique à répétition, d'origine intestinale sans doute, à évolution très longue. Un cas de pyléphlébite suppurée chez un garçon de douze ans a été rapporté par Fr. Hawkins [Clin. Soc. of London, 10 nov. 1905). Au début, vomissements, douleurs de ventre, puis tumeur à l'épigastre. A l'autopsie, abcès multiples du lobe gauche du foie, thrombose de la veine porte avec suppuration, ganglions mésentériques enflammés et suppures. L'examen bactériologique a révélé le colibacille. Le point de départ de la pyléphlébite semble avoir été dans l'intestin et les ganglions mésentériques.

Quant aux thromboses veineuses pures, sans inflammation, sans phlébite, elles résultent de compression par tumeurs, ganglions. Une fillette de deux ans (Guinon, Soc. de Péd., 11 juin 1901) présente de la bronchite avec cyanose ; à l'autopsie, Ihrombose de Varlère pulmonaire par adénopathie bronchique.

Mais les embolies pulmonaires sont plus fréquentes que les thromboses. Par exemple un rétrécissement mitral, congénital ou acquis, en amenant la rétrodilatation du cœur droit, pourra déterminer une embolie pulmonaire. De même une phlébite aiguë ou chronique, une phlegmalia alba dolens (chlorose, tuberculose, fièvre typhoïde), pourra en être la cause.

La thrombose des veines caves, supérieure el inférieure, causée par l'adénopathie bronchique et les tumeurs du médiastin en général, par les tumeurs du poumon et de la plèvre, du foie, a une physionomie particuHère. Quand la veine cave supérieure est oblitérée par atrésie ou thrombose, toute la moitié supérieure du corps est le siège d'un gonflement œdémateux avec cyanose qui contraste avec l'intégrité de la moitié inférieure. Après une période de gêne circulatoire et respiratoire, plus ou moins longue, accrue par les mouvements et les efforts, on voit l'enfant tolérer sa lésion, grâce au développement de la circulation collatérale. Quand l'obstruction affecte la veine cave inférieure, la partie supérieure du corps est normale, tandis que la partie sous-diaphragmatique est gonflée et œdématiée. Puis la situation s'améliore par le développement de la circulation collatérale. Nous avons publié un cas d'oblitération de la veine cave inférieure chez un garçon de 12 ans {Arch. de Méd. des Enfants, 1917, p. 418) par médiastinite fibreuse et symphyse cardiaque. L'origine de cette médiastinite, le plus souvent syphilitique, pei.t êft*e aussi tuberculeuse.

Quelquefois la thrombose porte à la fois sur les deux veines caves ; le D^ A. Meyer en a cité un bel exemple [Mount Sinaï Hospiial Reports, 1903) chez un enfant emporté à dix-huit ans par un érysipèle diffus, ayant commencé par la cuisse droite. Depuis l'âge de quatorze ans, cet enfant avait des troubles circulatoires graves avec albuminurie et ascite. Puis vinrent des ulcères aux jambes ; le ventre était énorme, l'œdème gagna le scrotum et le pied gauche. La ponction de l'ascite donna 3 litres. Dilatation générale des veines superficielles de l'abdomen, du thorax, des membres. Foie et rate énormes ; polyadénopathie considérable. Peu ou pas d'anémie (4.500.000 hématies, 6.000 leucocytes, 70 p. 100 d'hémoglobine). A l'autopsie, oblitération des deux veines caves, probablement congénitale. La supérieure se terminait par un cordon fibreux à 6 centimètres des auricules ; dans ce cordon aboutissaient les veines innominées ; au-dessous, s'abouchait la grande azygos très dilatée, ayant assuré à elle seule le retour du* sang dans le cœur droit. La veine cave inférieure était oblitérée au-dessous du diaphragme; périhépatite à son voisinage. Pas de lésions du cœur ni du péricarde. Ce cas montre qu'une oblitération même complète des deux veines caves est compatible avec la vie, quand une veine assez importante, comme la grande azygos, peut assurer la circulation en retour.

Le Dr Lloyd Roberts [Lancet, 7 nov. 1903) a vu des masses caséeuses du médiastin comprimant les veines caves déterminer, chez un enfant de cinq ans, l'anasarque généralisée, avec dyspnée, toux. Dans cette maladie qu'il appelle médiastino-péricardite, la mort était survenue en quelques semaines. On avait pensé au mal de Bright, quoiqu'il n'y eût pas d'albuminurie.

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