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MENINGITE AIGUË SIMPLE

Étiologie. — La méningite aiguë peut être primitive et succéder soit au traumatisme (fracture, contusion du crâne), soit à l'insolation redoutable chez les nouveau-nés. On a parlé de répercussion des exanthèmes. C'est une infection, une septicémie, à laquelle la lésion cutanée ouvre la porte. Quand la maladie est secondaire, elle est souvent le résultat d'une carie osseuse, du rocher surtout par suite d'otite moyenne. L'enfant souffre d'otorrhée depuis des mois ou des années, et la complication méningée éclate à l'improviste ; la propagation inflammatoire se fait en pareil cas par le nerf auditif ou par le nerf facial. L'ozène, les abcès de l'orbite, pourraient aussi, par un mécanisme analogue, entraîner la méningite. L'érysipèle de la tête et l'anthrax de la face atteignent quelquefois les sinus de la dure-mère et les méninges.

Outre ces méningites de voisinage, certaines maladies infectieuses comptent, parmi leurs complications, la méningite aiguë. Au premier rang se place la pneumonie et Netter a même trouvé des méningites à pneumocoque sans pneumonie. Après la pneumonie, viennent la fièvre typhoïde (méningite à bacilles d'Éberth), la septicémie puerpérale (méningite à streptocoque), l'ostéo-my élite aiguë (méningite à staphylocoque), la scarlatine, les oreillons, le rhumatisme. Dans un cas d'infection mixte par le streptocoque et le Baderium coli, Sevestre et Gaston ont trouvé une méningite suppurée contenant ce dernier microbe (1). Nobécourt et du Pasquier ont rapporté un autre cas de méningite suppurée à colibacilles chez une fdlette de sept mois, qui a guéri. Cette méningite était consécutive à une gastro-entérite («Soc. de Péd., 19 nov. 1902). J. Bonaba [Arch. Lai. Amer, de Ped., novembredécembre 1917) a vu une méningite primitive streptococcique mortelle chez une fille de 8 ans. Il existe aussi une méningite à bacille de Pfeifïer, consécu-

(1) Société médicale des hôpitaux, 1891 et 1898.

tive à la grippe, à laquelle Dubois a consacré sa thèse (Paris, 22 nov. 1902). Cette méningite, très grave, suppurée, envahissant les méninges spinales comme les cérébrales, est fréquente surtout chez les nourrissons. Elle peut être reconnue par la ponction lombaire, qui montre un liquide riche en polynucléaires et contenant la bacille de la grippe. G. Zamboni {Biv. di Clinica Pediatrica mai 1911), a relevé 5 cas de méningite cérébro-spinale mortelle par bacille grippal à la clinique pédiatrique de Bologne chez des nourrissons (fdles de quatre mois, garçons de cinq et huit mois. Roger Blacque [Thèse de Paris 1911) a réuni 50 observations de cette méningite cérébro-spinale suppurée à bacille de Pfeiffer qui doit figurer parmi les plus graves. Parmi les méningites curables, au contraire, il faut ranger celles dont E. Rist et J. Rolland [Soc M éd. des Hop., 21 oct. 1912), Triboulet, Harvier et Vaudescal [ibid., 4 nov.), A. Netter [ibid., 18 nov.), V. Hutinel, J. Comby [Arch. de Méd. des Enfanîs, 1913, p. 373) ont publié des observations, attribuables pour la plupart à la poliomyélite épidémique. Cependant la curabilité n'est pas une donnée suffisante permettant de classer les méningites dans des cases absolument séparées. La méningite tuberculeuse elle-même est curable dans une certaine mesure, et Jean Gougelet [Thèse de Paris, 1911) a fait avec son maître H. Barbier une étude des épisodes méningés tuberculeux curables chez l'enfant. Mlle Condat [Arch.de Méd. des Enf ., août 1917) di cité des cas de méningite aiguë chez le nouveau-né : un de méningite à streptocoques (dans le liquide céphalo-rachidien et dans le sang au 12^ jour), calotte de pus et broncho-pneumonie ; deux cas à pneumocoques aux4e et toujours. Ch. Herrmann en rapporte 8 cas par colibacille, streptocoque, pneumocoque. Cette méningite du nouveau-né peut être latente ou masquée par d'autres symptômes. En somme, la méningite aiguë, en dehors de la tuberculose et de l'épidémicité, peut se déclarer chez les enfants de tout âge, primitivement ou consécutivement à une affection locale ou générale. Mais elle est rare, et, en vingtcinq ans, nous n'avons compté que 30 méningites non tuberculeuses contre 600 tuberculeuses, ce qui ne fait que 5 p. 100: cas vérifiés à l'autopsie. Donc la méningite est une infection polymicrobienne. La maladie, au point de vue bactériologique, est très variable ; la localisation anatomique varie moins.

Anatomie pathologique. — La dure-mère est tendue, injectée ; les sinus sont quelquefois remplis de coagulations ; une couche crémeuse, jaunâtre, purulente, recouvre soit une partie, soit la totalité de la surface des hémisphères cérébraux et cérébelleux. La méningite, en effet, est tantôt générale, diffuse, tantôt partielle ; elle est d'ordinaire limitée à la convexité et n'offre pas la prédilection basilaire marquée par la tuberculose. Cependant on trouve souvent du pus au niveau du chiasma et des nerfs crâniens, dans toutes les formes de méningite. L'exsudat purulent siège dans la pie-mère et dans l'espace sous-arachnoïdien. Le pus est épais, fibrineux, dans la méningite pneumococcique ; ailleurs, il peut être séreux, séro-sanguinolent. Les vaisseaux pie-mériens sont gorgés de sang ; la pie-mère adhère à la pulpe cérébrale, dont elle entraîne des fragments quand on essaie de la détacher. Le cerveau est congestionné, piqueté, ramolli ; un certain degré d'encéphalite accompagne toujours la méningite, et les séquelles de la maladie s'exphquent par cette

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