TUBERCULES DU CERVEAU
La méningite n'est pas la seule expression anatomo-clinique de la tuberculose des centres nerveux ; les tubercules se rencontrent sous forme de tumeurs plus ou moins grosses, dans différentes régions encéphaliques. On en trouve dans le cerveau, dans le cervelet, dans la protubérance ; tantôt ils sont isolés, tantôt ils coïncident avec une méningite ou avec une puUulation miliaire qui leur est probablement consécutive. Habituellement superficiels, les tubercules sont quelquefois disséminés dans le centre ovale et les noyaux gris ; dans un cas d'Hutinel {Société Anatomique, 1874), il y en avait dans l'encéphale et dans la moelle. Leur volume varie de celui d'un petit pois à celui d'une noisette, d'une noix, d'un œuf de poule. Ils sont durs, jaunes à la coupe, parfois ramollis, laissant sourdre par la section une masse caséeuse ou puriforme ; la tumeur est entourée d'un tissu fibreux qui l'enkysté et la sépare du parenchyme nerveux. Celui-ci est déprimé, congestionné, irrité par la compression qu'il supporte et qui se traduit par divers symptômes en rapport avec le siège plutôt qu'avec la nature de la tumeur. Il existe souvent une augmentation considérable du hquide céphalo-rachidien.
Quand les tubercules siègent au niveau de la protubérance (Bourneville et Isch-Wall, Progrès Médical, 1887), les symptômes sont très variables ; il y a des formes latentes, le tubercule est une trouvaille d'autopsie ; il peut y avoir des poussées successives avec paralysies croisées, perte de l'équiUbre, strabisme, rémissions assez longues ; enfin il y a des cas à marche continue et progressive. Presque toujours il existe simultanément des tubercules dans les autres viscères.
Chez un enfant de trois ans, observé par Archambault {Progrès Médical, 1877), il existait une paralysie de la troisième paire droite, avec hémiplégie gauche incomplète ; l'autopsie révéla un tubercule gros comme une noisette dans le pédoncule cérébral droit et un autre moins volumineux dans l'hémisphère cérébelleux droit. Chez un enfant de sept ans (Démange, Soc. An., 1874), un tubercule gros comme une noisette adhérant à la tente du cervelet et comprimant sa partie gauche avait donné, pendant la vie, les symptômes suivants : céphalalgie opiniâtre, vomissements, mydriase. Il existait en même temps des tubercules miliaires dans les poumons, le foie, la rate, les reins, l'intestin. Chez une fille de sept ans vue par Lewis Marshall et Jacob {Brit. Jour, of Childrcn's Diseases, mai 1904), ayant du vertige, de la céphalée, de la parésie à droite, avec parole entravée, mâchoire tombante, dysphagie, bave
(1) Roger, Revue des maladies de V enfance, janv. 1886,