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APHASIE

L'aphasie est la perte du langage articulé : ce syndrome, très important et très commun, implique une lésion ou une perturbation fonctionnelle grave de la troisième circonvolution frontale gauche, ou m'eux, d'après les recherches

de P. Marie, une lésion de la zone de Wernicke (circonvolutions temporales gauches).

Étiologîe. — L'aphasie peut être congénitale ; elle se rencontre chez beaucoup d'idiots et de sourds-muets. Waldenburg a vu une femme, prise d'hémiplégie droite avec aphasie au troisième mois de la grossesse, engendrer un enfant hémiplégique et aphasique ; à six ans, cet enfant, qui est intelligent, né pouvait articuler que quelques mots. On a vu l'aphasie congénitale chez des enfants non hémiplégiques (Stefïen). Les causes de l'aphasie acquise sont extrêmement nombreuses [Albrecht Clarus (1), Steffen (2), F. Bernheim (3)].

Dans un premier groupe, nous trouvons les maladies infectieuses aiguës. La fièvre typhoïde est parmi celles qui y exposent le plus. L'aphasie se rencontre surtout dans la fièvre typhoïde de la seconde enfance, de préférence à la fin de la maladie ou pendant la convalescence ; elle dure de quelques jours à plusieurs semaines et guérit généralement bien. Quand elle s'accompagne de paralysie, elle est plus durable. Presque toujours elle est attribuable à des troubles circulatoires.

On rencontre l'aphasie dans la scarlatine, la rougeole, la variole. C'est surtout à la suite de l'anasarque scarlatineuse, avec œdème cérébral, que l'aphasie peut se montrer ; cependant Brasch a vu une fillette de trois ans qui eut une aphasie motrice de courte durée en pleine éruption de scarlatine. On a vu l'aphasie à la suite de la diphtérie, de la coqueluche, de la malaria. Le D^ Jacobson (de Bucarest) a observé 2 cas d'aphasie dans la pneumonie. Toutes ces aphasies des maladies infectieuses aiguës sont en général passagères.

Il n'en est pas de même de celles qui succèdent à une lésion cérébrale. L'aphasie infantile peut être due à une embolie (lésion mitrale ou aortique, endocardite rhumatismale), à une thrombose artérielle avec ramollissement cortical, à une plaque de méningite, à un abcès du cerveau, à un tubercule solitaire, à un kyste hydatique (6 cas de Clarus), à une tumeur cérébrale, à une sclérose du cerveau (hémiplégie spastique), à une lésion traumatique (chute sur la tête, fracture osseuse avec enfoncement, application de forceps). Dans tous ces cas, elle accompagne l'hémiplégie droite.

L'aphasie peut être réflexe (helminthes, ténia, ankylostome), ou toxique (j'ai vu un cas à la suite d'intoxication oxycarbonée).

Elle peut accompagner les grandes névroses de l'enfance (éclampsie, épilepsie, hystérie, chorée). West rapporte un cas d'aphasie survenu chez une fille de cinq ans après un coup de soleil.

Ânatomie pathologique. — Dans les cas qui se sont terminés fatalement, on trouve les lésions suivantes : atrophie de l'hémisphère gauche chez un enfant de cinq ans (Henoch) devenu idiot et aphasique à la suite d'une encéphalite datant de trois ans ; thrombose de la carotide gauche se continuant dans l'artère du corps calleux et la sylvienne, avec foyer de ramollissement, chez un garçon de neuf ans atteint d'endocardite mitrale (Wrany) ; ramollissement par thrombose de la zone rolandique chez un enfant de douze ans

(1) Albrecht Clarus, Jahr. f. Kind., 1874.

(2) Steffen, Jahr. f. Kind., 1885.

(3) F. Bernheim, Gazette des Hôpitaux, 13 et 20 janv. 1900.

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