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APHASIE

atteint d'endocardite mitrale et aortique (Kelly) ; kyste séreux gros comme une noix dans la troisième circonvolution frontale gauche chez un garçon de cinq ans mort un an après une chute qui avait fracturé le frontal (Duval) ; méningite purulente gauche avec adhérence à la circonvolution de Broca et abcès du volume d'une noix chez un garçon de douze ans ayant reçli un coup de pied de cheval (Sydney-Jones) ; méningite suppurée et abcès gros comme un œuf dans les circonvolutions frontales gauches chez une fille de neuf ans et demi ayant eu de l'aphasie, des convulsions et du coma (Rilliet et Barthez) ; embolie de la sylvienne gauche à la suite de la diphtérie (Abercrombie) ; kystes hydatiques du cerveau (A. Clarus) et tumeurs diverses, syphilomes.

Ce qui importe plus que la nature de la lésion, dans la question de l'aphasie, c'est son siège. Pour qu'il y ait aphasie, il faut et il suffit que le centre psychomoteur du langage articulé ou les filets conducteurs de ce centre au sensoriam commune soient lésés ou gravement troublés dans leur fonctionnement. Quelle que soit la cause, il faut qu'elle porte sur le lobe frontal gauche et spécialement sur la troisième circonvolution ou sur son voisinage immédiat.

Symptômes, diagnostic et pronostic. — L'enfant aphasique est généralement intelhgent ; il comprend ce qu'on lui dit, il montre les objets qu'on lui désigne, il fait effort pour répondre aux questions qu'on lui adresse ; mais il ne peut articuler les mots représentatifs des idées ou des objets. Suivant le degré de la maladie, il aura à son service un plus ou moins grand nombre de mots ; quelquefois il n'a que deux ou trois syllabes, toujours les mêmes ; d'autres fois il articule bien des mots entiers, mais il les emploie à tort et à travers. Les autres signes dé la pensée, l'écriture, la lecture, le dessin, peuvent être également en défaut. Il est inutile d'insister sur toutes les modalités de l'aphasie qui ne présentent pas chez l'enfant des caractères particuliers.

Quand l'aphasie est purement fonctionnelle sans lésions durables, comme cela se voit dans les maladies aiguës, elle est passagère, ne dure que quelques jours ou quelques semaines et guérit complètement. Par contre, quand elle est associée à l'hémiplégie droite^ association fréquente liée le plus souvent à une lésion matérielle du lobe frontal gauche, l'évolution n'est pas la même, et on peut redouter une durée indéfinie, ou même l'incurabilité absolue. Les convulsions, les attaques épileptiformes, le coma, précédant, accompagnant ou suivant l'aphasie, aggravent également le pronostic. Si l'aphasie a succédé à un traumatisme (chute sur la tête, fracture du crâne, enfoncement), le pronostic du trouble de la parole est étroitement lié à celui des lésions traumatiques. Celles-ci sont-elles susceptibles de réparation, de redressement, de guérison, l'aphasie guérit avec elles. Dans le cas contraire, le pronostic de l'aphasie est funeste. L'aphasie réflexe, telle qu'on l'observe dans l'helminthiase, dans la chorée, l'hystérie, l'épilepsie, est en général bénigne et passagère.

Traitement. — ■ Il faut s'inspirer, pour le traitement de l'aphasie, de la cause qui a pu lui donner naissance. Soupçonne-t-on un processus méningitique chronique, une pachyméningite, on soumet l'enfant au traitement intensif par les frictions mercurielles et l'iodure de potassium. Si l'on croit à l'existence de vers intestinaux, on ne manquera pas de donner les vermifuges

et taeinicides usités. Dans les cas de maladies infectieuses, c'est l'infection générale qu'on cherchera à modifier (bains, laxatifs, diurétiques, quinine). Dans les névroses, les antispasmodiques et l'hydrothérapie conviendront avant tout. Enfin, dans certains cas, la chirurgie a pu intervenir utilement : trépanation pour redresser des fragments osseux, enlever un corps étranger, vme tumeur, ouvrir un abcès. Dans un cas de Lesur (fracture du frontal avec aphasie), la trépanation amena la guérison ; chez une fillette de huit ans (B. Bibrach) atteinte de fracture du temporal gauche avec enfoncement, la trépanation ne fut pas moins heureuse. Quand l'aphasie, congénitale on acquise, est chronique, il faut la combattre par les méthodes de rééducation en faveur aujourd'hui, s'apphquant à la fois aux mouvements des membres et à l'articulation des mots.

Surdité verbale. • — La surdité verbale, bien étudiée chez les enfants par le D^ R. Foy (Thèse de Paris, 1905), est une affection congénitale caractérisée par l'impossibilité de comprendre le langage parlé et de s'en servir, quoique l'appareil phonateur périphérique et l'appareil auditif soient intacts. Cette variété d'aphasie est toujours accompagnée de céciié verbale et d'agraphie, les centres de l'audition verbale et de la lecture se trouvant très rapprochés (première circonvolution temporale gauche, tiers postérieur). Dans l'étiologie, il faut tenir compte de l'hérédité (névroses, troubles du langage), des troubles nerveux pendant la grossesse (émotions, chagrins, traumatismes).

Les lésions peuvent être : absence totale du centre de l'audition verbale, retard, arrêt ou perversion de développement. Le centre de Wernicke est fonctionnellement indépendant des centres voisins, mais ceux-ci sont fonctionnellement sous sa dépendance, d'où l'association de la cécité verbale et de l'agraphie à la surdité verbale.

Les enfants ne sont pas des idiots, ils sont intelligents et bien développés comme les enfants normaux. Ils comprennent les gestes et s'expriment par gestes comme des sourds-muets. Cependant ils entendent les sons, mais ces sons n'éveillent pas d'images, pas d'idées chez eux. Le mot écrit n'éveille pas plus d'idée que le mot parlé.

On peut s'assurer que l'enfant entend (il n'est pas sourd), qu'il peut articuler et répéter les mots (il n'a pas d'aphasie motrice), qu'il comprend, qu'il n'est pas muet, qu'il n'est pas idiot, qu'il ne présente pas ce qu'on a appelé Valalie idiopathiqiie de Coën, ou audi-mutité : l'enfant entend, comprend, ne répète pas. Au contraire, l'enfant atteint de surdité verbale entend, répète, mais ne comprend pas et ne parle pas. Dans la surdi-mutité, ce qui domine, c'est la surdité ; dans l'alahe idiopathique, c'est le mutisme ; dans la surdité verbale, c'est le défaut de compréhension. Il est vrai que V audi-mutité par idiotie peut donner le change ; l'enfant, comme dans la surdité verbale, entend, ne parle pas, mais répète, ne comprend pas. Mais il porte des stigmates de dégénérescence qui le classent dans la catégorie des idiots.

Dans quelques cas, chez des enfants très jeunes (deux à trois ans) qui ne parlent pas encore, on peut hésiter entre un simple retard et la surdité verbale congénitale : on peut incriminer la médication. Le diagnostic sera

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