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TUMEURS MALIGNES DE L'OVAIRE

On rencontre, chez les filles, de la naissance à quinze ans, la plupart des tumeurs malignes de l'ovaire décrites chez les adultes. Lewi Donhauser (Albamj Médical Annals, janvier 1906), à propos d'un sarcome ovarien généralisé chez une fdle de treize ans, à la suite de kyste rompu dans le péritoine, arrive à un total de 66 observations. Si l'on ajoute quelques cas rapportés par Steffcn et ceux qui ont échappé, on peut admettre qu'il existe environ 80 cas authentiques de tumeurs malignes de l'ovaire chez les enfants. T. Twistington Higgins [Brit. J. of Ch. Dis., juin 1915) a vu 3 sarcomes ovariens à petites cellules rondes ou fusiformes à 5, 7 et 10 ans. A. Doran cite un cas chez un fœtus de 7 mois. En 1896 Bland Sutton avait colligé 100 cas d'ovariotomie au-dessous de 15 ans, dont 21 pour sarcomes de l'ovaire. A. Lesage et Girault [Arch. de Méd. des Enfants, mars 1913), ont rapporté un cas de sarcome de l'ovaire à petites cellules rondes chez une fillette de 12 mois Nous comptons : entre la naissance et l'âge de cinq ans, 10 observations (15 p. 100 des cas) ; entre cinq et dix ans, 20 (25 p. 100) ; entre dix et quinze ans, 50 (60 p. 100). Le carcinome s'observe 40 fois sur 100 et le sarcome 60 fois sur 100 (sarcome à cellules rondes ou fusiformes, angio-sarcome). La tumeur ovarienne peut succéder à un sarcome d'un autre organe (vagin, utérus, vessie, œil). Mais elle est plus souvent primitive. Elle atteint l'un ou l'autre ovaire, quelquefois les deux. Elle se propage de proche en proche, ou après rupture, aux organes du bassin, au foie, aux capsules surrénales, à l'intestin, au péritoine. Récidive fréquente.

La symptomatologie est vague : gonflement du ventre, douleurs paroxystiques. Pendant plusieurs mois, la santé générale reste bonne, et les signes locaux sont seuls apparents. Mais ces signes ne permettent pas toujours de localiser la tumeur, ou, quand ils le permettent, — d'en déterminer la nature. La symptomatologie des tumeurs bénignes se confond pendant longtemps avec celle des tumeurs malignes. Plus tard arrivent l'amaigrissement, la cachexie ; mais alors le diagnostic n'offre plus aucun intérêt pratique. Peu importe, d'ailleurs, la notion de bénignité ou de malignité. Du moment qu'on a reconnu une tumeur de l'ovaire, il faut l'enlever. En effet, comme le remarque de Sinéty, il semble impossible de tracer une ligne de démarcation entre les kystes et les cancers de l'ovaire. Gomme le conseillent Kelly, Pozzi, Leopold, Hofmeier et Gohn, il faut considérer toutes les tumeurs de l'ovaire comme suspectes et les opérer le plus tôt possible.

Pour arriver au diagnostic différentiel, on aura à éliminer le sarcome du rein, le kyste hydatique du foie, la péritonite ^tuberculeuse, l'hématocèle, l'hydronéphrose.

Il importe que ce diagnostic soit établi le plus tôt possible. Car, si l'intervention chirurgicale, la seule recommandable, offre des chances de succès, c'est à la condition qu'elle ne soit pas différée. Opérer de bonne heure et radicalement, telle est la conduite qui s'impose.

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