‹ Traité des maladies de l'enfanceChapitre 153 sur 342 · PACHYMENINGITE CERVICALE · texte numérisé non relu

PACHYMENINGITE CERVICALE

On peut constater dans la seconde enfance, comme à l'âge adulte, une inflammation avec épaississement des méninges cervicales se traduisant par des phénomènes de compression des racines nerveuses qui émergent de la moelle à ce niveau. On constate des douleurs névralgif ormes dans les membres supérieurs, la contracture en griffe des mains, avec impotence fonctionnelle, la réaction de dégénérescence, l'atrophie. Après la paralysie spasmodique des membres supérieurs, on observe dans quelques cas la paraplégie ; l'enfant ne peut marcher, ses jambes sont affaiblies, le réflexe rotulien est exagéré.

Quand on explore la colonne cervicale, on constate de la douleur au niveau d'une ou deux vertèbres avec empâtement plus ou moins marqué, raideur et gêne dans les mouvements de flexion de la tête. Ces phénomènes permettent de localiser la maladie. Parfois il y a des symptômes insolites. Chez une fille de treize ans, observée par Grancher(Bi///. Méd., 1887), et présentant une paralysie du diaphragme, en même temps que de l'affaiblissement des quatre membres, la mort survint par suffocation trois jours après l'entrée à l'hôpital. A l'autopsie, on trouva, dans le canal vertébral, au niveau des 3^ et 4® racines cervicales, un caillot sanguin de 3 à 4 centimètres de long, placé en arrière de la moelle, qu'il refoulait en avant contre les corps vertébraux. Ce caillot, enserré de fibres conjonctives, était en dehors de la dure-mère [pactiy méningite cervicale externe hémorragique). La face interne était absolument lisse, le processus inflammatoire ne dépassait pas la face externe. Au centre du caillot, on trouvait un bourgeonnement vasculaire greffé sur la dure-mère, avec vaisseaux de nouvelle formation.

Dans les faits signalés par Michaud (1871), la pachyméningite spinale succède au mal de Pott, elle est secondaire. Dans la pachyméningite cervicale

hyperirophique de Joffroy {Thèse de Paris, 1873), il y a hyperplasie fibreuse englobant les trois méninges qui ont fusionné ensemble et attaquant la moelle. La marche est lente, marquée par des douleurs au début, par de la paralysie et de l'atrophie ensuite.

Traitement. — Dans un cas heureux (garçon de treize ans), Remak {Soc. de Méd. Berl.f 1887) attribue la guérison à Viodure de potassium, qu'on ne manquera pas de donner à doses assez fortes (10 à 20 centigrammes par année d'âge) et à la galvanisation. En même temps que l'iodure de potassium, il sera sage d'essayer les frictions mercurielles pendant deux ou trois semaines (2 grammes d'onguent napolitain par friction).

Page 1