HEMATOMYÉLIE
Les hémorragies de la moelle ont une symptomatologie obscure ; tantôt elles siègent dans la moelle elle-même, tantôt en dehors d'elle (méninges ou canal rachidien). Donc trois classes : hématomyéhe, hémorragies méningées, hématorachis.
h' hématomyélie est rarement primitive et isolée ; elle s'observe chez les nouveau-nés, après une naissance laborieuse, une application de forceps, des tractions énergiques sur le corps en cas de présentation podahque. Ou bien elle accompagne une lésion néoplasique, un syphilome, un tubercule solitaire de la moelle ayant déterminé des lésions vasculaires préparatoires. Elle se présente en foyer limité, ou à l'état diffus ; elle détermine la compression de la moelle en un point limité, d'où paraplégie subite. La lésion siège souvent à la région cervicale ou au commencement de la région dorsale ; elle s'accompagne souvent de myélite, quand elle n'en a pas été précédée.
A côté du début subit, par paraplégie, il faut citer les cas progressifs (fourmillements, douleurs, crampes, dysurie). Quelquefois il y a diplégie (membres supérieurs). Mort rapide.
Les hémorragies méningées présentent les mêmes localisations que dans l'encéphale : sous-arachnoïdiennes, intra-arachnoïdiennes, pachyméningites hémorragiques. Là encore le traumatisme intervient souvent chez les enfants; mêmes symptômes que plus haut.
h' hématorachis est fréquent chez les nouveau-nés (traumatismes, convulsions, tétanos chirurgical ou médical, tumeurs vasculaires, accès épileptiques, chorée, myélites, méningite cérébro-spinale, leucémie). Ici l'hémorragie est diffuse et s'étend à un long segment de la moelle ; la compression en est rendue plus difficile, et les signes de la maladie sont très obscurs : douleurs, hyperesthésie, convulsions, contractures, tremblements, parésie plutôt que paralysie.
Traitement. — On fera de la révulsion le long de la colonne vertébrale: pointes de feu de chaque côté de l'épine dorsale, ventouses scarifiées, sachets de glace pilée, compresses d'eau froide. On donnera en même temps le calomel à doses fractionnées (1 centigramme toutes les deux ou^trois heures) et l'iodure de potassium (10 centigrammes trois ou quatre fois par jour).