PARALYSIE DE LANDRY
La paralysie spinale aiguë à marche ascendante, telle que Landry Ta décrite il y a longtemps déjà (185.9), est une maladie assez rare dans le jeune âge. Cependant on en connaît plusieurs cas authentiques.
Le D^ Soltmann {Jahrb. f. Kind., 1900) a vu une fillette de onze ans présenter tout à coup de la fièvre, des vertiges, de la faiblesse des membres inférieurs avec douleurs des pieds et des jambes ; puis survient une paraplégie flasque, qui rapidement envahit le tronc et les membres supérieurs. En trois semaines, la paralysie était devenue totale. A la fin, dyspnée ; on apporte l'enfant à l'hôpital dans un état désespéré. Elle avait à ce moment de l'anasarque et de l'érythème. On fit des frictions qui, en huit jours, amenèrent une amélioration notable ; les mouvements commençaient à revenir. Puis les phénomènes bulbaires redevinrent menaçants. On reprit les frictions. Outre les frictions, on employa la galvanisation, les bains chauds, la salipyrine. L'enfant guérit. Cette observation montre que la maladie peut guérir malgré la présence des symptômes bulbaires.
Cependant la mort est la terminaison habituelle de la maladie, comme le montre le cas observé par Herbert Robson (Brit. med. Jour., 18 avril 1896). Une fillette de quatorze ans, déhcate d'aspect, mais bien portante, n'ayant eu que la rougeole et une amygdahte, comptait plusieurs tuberculeux dans sa famille. Après une longue promenade, elle était rentrée chez elle sur l'impériale d'un omnibus et avait été prise d'un frisson le 14 septembre 1895. Le lendemain, elle souffrait de la tête et des yeux. Le 17, il y avait un peu de photophobie, un peu de fièvre, pas de paralysie. L'auteur prescrit de Tantifébrine et du salicylate de soude. Le 18, on note une faiblesse dans les membres inférieurs ; le soir, la respiration devient pénible. Le 19, la paraplégie était complète, avec sensibihté conservée, perte des réflexes patellaires et abdominaux. Puis les muscles intercostaux inférieurs semblent peu actifs, les membres supérieurs eux-mêmes se prennent. La vessie et le rectum fonctionnent bien, les nerfs crâniens sont indemnes. L'enfant n'accusait aucune souffrance. Le D^ Baus, appelé en consultation, confirme le diagnostic de paralysie de Landry et ordonne de la strychnine. Le 20, pas d'amélioration ; il y a de la dysphagie et de la diplopie, puis de l'amaurose ; incontinence d'urine et des matières l'après-midi, douleurs dans le dos. Respiration pénible et irrégulière, cyanose, hypothermie, pouls irrégulier, mort dans la nuit après six jours de maladie.
Voilà bien un type de paralysie spinale ascendante à marche aiguë rentrant dans le cadre des observations de Landry.
Dans un cas de Léonard A. Rowden [Brit. med. Jour., 4 mai 1901), la paralysie suivit une marche descendante : un garçon de dix ans présente d'abord une paralysie des membres supérieurs. Il succombe en quatre jours avec collapsus cardiaque, ayant conservé toute son intelligence.
Les travaux récents sur la polimy élite épidémique ont jeté quelque lumière sur la pathogénie de la paralysie de Landry. Il semble que ce syndrome, dans la plupart des cas, sinon dans tous, soit une forme grave, la plus grave, de la poliomyélite aiguë infantile.