MYELITE AIGUË
Indépendamment de la téphro-myéliie anlérieure aiguë (paralysie infantile) que nous étudions plus bas, il existe une inflammation diffuse de la moelle qui a été isolée pour la première fois par Ollivier (d'Angers) : c'est la myélite diffuse aiguë.
Étiologie. — Cette maladie, quoique rare, peut atteindre l'enfance et spécialement la seconde enfance ; elle a une origine infectieuse ou microbienne probablement banale (streptocoque, staphylocoque ou pneumocoque). On a relevé, parmi les causes provocatrices, le froid et surtout le froid humide, la fatigue et le surmenage, les chutes et traumatismes, une maladie infectieuse (fièvres éruptives), une intoxication. Enfin il faut penser à la policmyélite épidémique qui, d'après A. Netter, serait la cause de la myélite diffuse dans la plupart des cas. En injectant, dans des cas graves, dans le canal rachidien, le sérum sanguin d'enfants guéris de paralysie infantile, il a pu enrayer le processus inquiétant de la myélite aiguë (A. Netter et Levaditi, Soc. Méd. des Hôpitaux, 27 mars 1914).
Ânatomie pathologique. — La lésion occupe généralement la région dorsale de la moelle. Elle atteint l'axe nerveux, dans toute son épaisseur, sur une étendue plus ou moins grande ; mais elle peut aussi se diffuser et gagner les méninges [méningo-mij élite). Il y a hyperémie, dilatation des vaisseaux, tuméfaction des tissus nerveux, parfois hémorragie et dissociation des éléments (ramoUissement rouge).
Symptômes. — Le début est généralement brusque : l'enfant est pris de fièvre, de douleurs lombaires et de paraplégie. Il ne peut marcher et accuse des sensations pénibles aux membres inférieurs : fourmillements, picotements, chaleurs, pseudo-névralgies. On constate aussi des plaques d'anesthésie à côté des zones hyperesthésiées. Douleur en ceinture presque constante. On note souvent des spasmes, des contractions, des secousses involontaires. Abolition des réflexes, paralysie des sphincters. Impotence absolue: l'enfant ne peut remuer ses membres inférieurs. Rapidement des troubles trophiques se déclarent : oedème des membres inférieurs, escarres, et la mort ne tarde pas à survenir. La durée varie entre quelques jours et quelques semaines. Quand la myélite suit une marche ascendante, c'est la maladie de Landry dont il est parlé plus haut. Pronostic très grave dans tous les cas.
Diagnostic. — La myélite aiguë diffuse se distingue aisément de la paralysie infanlile par les troubles de la sensibilité, la participation des sphincters, la limitation d'emblée de la paralysie aux membres inférieurs. Elle se distinguera de la myélite par compression d'après les commémoratifs (mal de Pott,
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fracture vertébrale). La paralysie hystérique ne s'accompagne ni de fièvre, ni de troubles trophiques.
Traitement, — Ventouses scarifiées, pointes de feu ou glace sur la colonne vertébrale. Ergotine à l'intérieur, purgatifs ou lavements. Courants continus. Soins de propreté, lavages de la vessie.