‹ Traité des maladies de l'enfanceChapitre 17 sur 342 · EPISTAXIS · texte numérisé non relu

EPISTAXIS

L'épistaxiSjOu saignement de nez, constitue, chez les enfants, un syndrome commun et généralement très bénin. ,

Étiologie. — Il y a des causes locales (traumatismes, coryzas, polypes, corps étrangers) et des causes générales (grippe, rougeole, fièvre typhoïde, diphtérie, coqueluche, paludisme, purpura, maladies du cœur) qui donnent naissance aux diverses variétés d'épistaxis symptomatique. Je n'y insisterai pas. J'ai surtout en vue l'épistaxis simple, primitive, idiopathique, qu'on observe dans la seconde enfance. Les jeunes filles auxapproches de la puberté, les enfants qui grandissent vite, ceux qui deviennent pâles et anémiques, les surmenés, les arthritiques, les hémophiles sont prédisposés aux épistaxis. C'est au printemps et en été, plutôt qu'en hiver, qu'on observe le plus grand nombre de ces hémorragies.

Symptômes. — Annoncée par quelques prodromes, céphalalgie, bouffées de chaleur à la face, l'hémorragie se fait par une narine, goutte à goutte, ou en jet presque continu. Quelquefois le sang s'écoule dans le pharynx, est dégluti et rendu ensuite par les crachats, les vomissements ou dans les garderobes. C'est surtout pendant le sommeil que l'issue dans le pharynx se produit. D'ordinaire, l'épistaxis est peu abondante et de courte durée ; mais elle peut se reproduire, et j'ai été fréquemment consulté pour des enfants qui présentaient des saignements de nez pendant plusieurs jours et même plusieurs semaines de suite. A la longue, ces pertes de sang finissent par affaibhr les enfants, et l'anémie peut en être la conséquence.

Il est bien rare que l'épistaxis idiopathique soit inquiétante par son abondance et menace la vie. Cependant il faut prévoir la possibilité d'une syncope et de la mort.

Diagnostic. — Le diagnostic de l'épistaxis est des plus faciles, quand le sang s'écoule par l'orifice antérieur des narines. Dans le cas contraire, on peut se méprendre sur l'origine de l'hémorragie et croire à une hémoptysie, à une hémat'mèse, au melaena.

Pour faire le diagnostic, on examinera avec soin les narines de l'enfant ; on fera pencher la tête en avant, on se servira d'un abaisse-langue pour voir si le sang coule sur la paroi postérieure du pharynx. Pour reconnaître la cause de l'hémorragie, on examinera la constitution de l'enfant, ses antécédents personnels et héréditaires.

Traitement. — On cherchera à arrêter l'hémorragie et à en prévenir le retour. Si l'épistaxis est accidentelle et peu abondante, rien à faire. Si elle inquiète par son abondance ou sa répétition, on cherchera à l'arrêter par l'élévation du bras, par les irrigations très chaudes ou glacées, par la solution gélatineuse à 5 p. 100 de Carnot, par l'introduction d'un tampon de charpie ou d'ouate imbibé de perchlorure de fer, de cocaïne à 1 p. 20, de chlorhy-

drate d'adrénaline à 1 p. 1.000, au besoin par le tamponnement méthodique et complet de la fosse nasale. Parfois on sera obligé de cautériser le vaisseau, source de l'hémorragie, avec une perle d'acide chromique déposée exactement, au spéculum iiasi, sur le point saignant. Pour prévenir le retour des hémorragies, on donnera le quinquina, la quinine, l'ergotine, le chlorure de calcium (1 à 2 grammes par jour en potion), les ferrugineux, l'huile de foie de morue. Si le surmenage scolaire et la croissance sont en cause, on prescrira le r^pos physique et intellectuel, le séjour à la campagne.

Page 1