SCLÉROSE EN PLAQUES
La sclérose en plaques est une inflammation interstitielle des centres nerveux, par foyers dissémines, occupant la moelle épinière et envahissant parfois le bulbe et l'encéphale. Étudiée par Cruveilhier, Charcot et Vulpian (1835), Ordenstein {1867),Bourneville et Guérard (1869) chez l'adulte, elle a été signalée chez l'enfant par P. Marie (1S83), Unger, Moncorvo (1887). P. Gautier et C, Saloz [Arch. de Méd. des Enf., avril 1918) ont rapporté un cas chez un garçon de 15 ans : début à 10 ans, Wassermann négatif,
Étiologi3. — Sa rareté dans le jeune âge est établie : une vingtaine de cas authentiques. Frerichs, ayant vu deux enfantsde la même famille, a invoqué l'hérédité. Eichhorst {ArcJi. far paih. Anai., 1898) a cité un enfant de huit ans dont la mère était morte de la même maladie, avec vérification chez les deux. On a pu incriminer, dans plusieurs cas, l'influence des maladies infectieuses, telles que les fièvres éruptives, la fièvre typhoïde, la diphtérie, la coqueluche, peut-être la syphihs (Pick et Kahler, P. Marie). Le D^" G. Minciotti [Gazz.degli Osp.,2 oct. 1904) a cité un cas consécutif à la coqueluche chez une fille de six ans et demi. Ailleurs, c'est le refroidissement, un traumatisme, le surmenage, les émotions fortes qui ont joué un rôle. Mais ces causes banales ne sauraient ébran'er la conviction de P. Marie, qui dit : «La sclérose en plaques est dans un rapport étroit avec les maladies infectieuses. » Comment agissent les microbes ? Est-ce par embolie ou par intoxication disséminée ? J'ai vu 2 cas de sclérose en plaques chez un garçon de cinq ans et chez une fille de trois ans, que j'ai revue ensuite à dix ans avec les mêmes symptômes. Chez eux-, pas de maladie infectieuse, mais hérédité neuro-pathologique très chargée. Ces deux cas étaient d'ailleurs typiques : rigidité dans la marche, tremblement pendant les actes volontaires, scansion des mots.
Anatomie pathologique. — Méninges peu ou pas atteintes, plaques disséminées sans ordre sur l'axe cérébro-spinal ; suivant leur prédominance en tel ou te! point, on a décrit des formes cérébrale, spinale, cérébro-spinale. Ces plaques, de dimensions variables, sont minces, de couleur ardoisée, plus dures que le tissu environnant. Les îlots de sclérose peuvent s'étendre aux racines et aux troncs des nerfs rachidiens. Au microscope, on distingue un feutrage serré de tissu névroglique emprisonnant des corps granuleux, détruisant les gaines myéliniques, respectant les cyhndraxes. Pas de dégénération secondaire. Les vaisseaux, parfois béants au milieu des plaques, ont leurs parois épaissies (inflammation périvasculaire). La sclérose part de là, comme si un poison violent avait irrité les points les plus rapprochés des vaisseaux.
Symptômes. — Début lent et insidieux, par de la lourdeur et des fourmillements dans les membres, de la paresse et de la faiblesse des jambes. Les membres supérieurs sont pris à leur tour. L'enfant accuse de temps à autre des vertiges, de la céphalée, des troubles de la vue, du nystagmus. Bientôt