‹ Traité des maladies de l'enfanceChapitre 185 sur 342 · PARALYSIE DOULOUREUSE DES JEUNES ENFANTS · texte numérisé non relu

PARALYSIE DOULOUREUSE DES JEUNES ENFANTS

culaire double ; il est âgé de trois ans, il n'est en retard ni pour la parole ni pour l'intelligence ; son corps est bien développé, ses jambes sont fortes ; mais ses deux membres supérieurs pendent inertes et en pronation le long du tronc sans qu'il puisse faire aucun mouvement. Privé de ce balancier naturel, il ne peut marcher sans aide. Enfin il a des troubles vaso-moteurs dans le membre droit ; sa main est constamment froide et violacée. L'atrophie est complète sur tous les muscles de l'épaule, du bras et de l'avant-bras.

Diagnostic. — Les paralysies obstétricales du membre supérieur se reconnaissent facilement ; leur début dans les premiers jours de la naissance, à la suite d'un accouchement plus ou moins laborieux, qui a nécessité des manœuvres parfois violentes, la localisation de la paralysie dans certains muscles toujours les mêmes, l'attitude du membre paralysé permettent de distinguer la paralysie obstétricale de la paralysie d'origine cérébrale et de la paralysie atrophique de l'enfance.

La paralysie d'origine centrale n'est que rarement monoplégique ; elle est hémiplégique et affecte en même temps le facial inférieur.

La paralysie atrophique ne survient jamais à une époque si voisine de la naissance ; elle se localise très irrégulièrement sur les muscles d'un membre ; elle occupe surtout le membre inférieur.

La pseudo-paralysie (maladie de Parrot) affecte la même locahsation que la paralysie obstétricale, mais ne se montre pas avant un, deux ou trois mois ; elle coïncide avec des syphihdes et trouve son explication dans une lésion osseuse (crépitation, hyperostose). Restent les paralysies qui accompagnent les luxations et fractures obstétricales de l'humérus ; on les reconnaîtra par l'examen attentif de l'épaule et du bras.

Traitement. — Outre les bains salés, les frictions stimulantes qu'on peut prescrire à tout hasard, on insistera surtout sur l'électrisation précoce des muscles paralysés. Les chances de guérison sont d'autant plus grandes que le traitement se fait moins attendre. La faradisation a donné des succès à Duchenne. Récemment on a préconisé les courants continus (10 à 20 milliampères), le pôle positif au-dessus du point d'Erb, le négatif sur les muscles paralysés. On ne se découragera pas, on multipliera les séances.

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