‹ Traité des maladies de l'enfanceChapitre 186 sur 342 · PARALYSIE DOULOUREUSE DES JEUNES ENFANTS · texte numérisé non relu

PARALYSIE DOULOUREUSE DES JEUNES ENFANTS

Un enfant qui marche aux côtés d'une personne plus âgée, tenu par la main, fait un faux pas ; il va tomber si on ne le retient vivement en tirant le bras de bas en haut. Si ce mouvement de traction a été trop violent, trop brutal, l'enfant souffre, crie, et son membre retombe inerte.

La paralysie qui résulte de ce traumatisme est en général passagère, et, au bout de huit à dix jours, elle disparaît. Chassaignac (1856) avait signalé cette paralysie accidentelle du membre supérieur sous le nom de torpeur douloureuse. Brunon y est revenu plus récemment et a cité des observations personnelles fort intéressantes (1893-1895).

La paralysie a cela de particulier qu'elle succède immédiatement au traumatisme ; d'abord complète, elle disparaît ensuite peu à peu. Elle est douloureuse, et l'enfant garde l'immobilité pour éviter la douleur ; si on le pince, il remue son membre. L'examen le plus minutieux du bras et de l'avant-bras ne révèle aucune déformation, pas même une ecchymose. L'attitude du membre malade est la même que dans la paralysie obstétricale : le bras pend le long du corps, l'avant-bras en pronation. Quand il y a fracture, luxation, entorse, la cause de l'impotence saute aux yeux ; s'il n'y a rien de tout cela, on en est réduit à invoquer un tiraillement du plexus brachial ou une paralysie par inhibition. A. Broca, qui désigne cette affection sous le nom de pronaiion douloureuse des jeunes enfants (1905, Leçons Cliniques de Chirurgie infantile), affirme avoir toujours trouvé une lésion ostéo-articulaire expliquant l'impotence du membre tiraillé ; il repousse donc la paralysie par inhibition de Brunon, comme la paralysie par traction du plexus brachial de Bézy. C'est au niveau du coude que siège la lésion : subluxation de la tête radiale. En ramenant l'avant-bras dans la supination et la flexion, on guérit instantanément la paralysie. Grisel [Le Monde Médical, 1909) confirme cette pathogénie par des faits nouveaux et probants.

Quand on se trouve en présence d'un enfant atteint de monoplégie brachiale, on doit donc rechercher s'il y a luxation ou fracture, luxation de la tête du radius, fracture sous-périostée. Le pronostic est bénin, et la guérison survient en quelques jours.

On mettra le bras en écharpe, après avoir tenté la manoeuvre de Broca, se contentant de cette immobilisation imparfaite. Si les accidents persistent, on fera des frictions, massages, électrisations.

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