CHORÉE ÉLECTRIQUE
La chorée électrique n'a rien de commun avec la chorée de Sydenham. Il en existe au moins deux types, un décrit par Dubini, de Milan (1846), un autre par Bergeron (1880). Cette chorée est caractérisée par des secousses rythmiques occupant un nombre plus ou moins grand de groupes musculaires et se terminant souvent par le coma et la mort. On trouve, en pareil cas, des lésions des centres nerveux. La chorée de Bergeron, beaucoup moins grave, est considérée comme un tic à secousses rythmiques par .Joffroy, et certains auteurs la rattachent à l'hystérie (Pitres, Gilles de la Tourette).
La maladie survient dans la seconde enfance : elle se manifeste par des secousses involontaires, brusques, rapides, rappelant les décharges électriques. Le spasme atteint le cou, les membres supérieurs ; l'enfant hausse les épaules et gei^^ticule avec énergie ; ou bien il est borné aux muscles de la face qui grimace horriblement. Dans quelques cas (Berland, Thèse de Paris^ 1880), on voit coïncider la chorée électrique avec la chorée de Sydenham. Mais les mouvements se fixent d'emblée sur certains muscles, y restent limités, ne se propagent pas aux régions voisines ou éloignées. État général bon, pas de complications cardiaques. La durée est longue et se chiffre quelquefois par années. Contrairement à ce qui se passe pour la chorée de Sydenham, les garçons seraient plus atteints que les filles. La maladie peut débuter sans cause apparente ou succéder à une frayeur, chez des enfants de souche nerveuse. Massalongo fait de la chorée électrique une variété de poramyoclonus multiplex. La chorée de Sydenham se distingue par l'absence de rythme dans les mouvements ; mais toutes les chorées rythmées, saltatoires, la maladie des tics, le paramyoclonus, ont des analogies trop grandes avec la chorée électrique pour ne pas prêter facilement à l'erreur.
Dans tous les cas le pronostic n'est pas grave.
Le tartre stibié à doses vomitives (5 centigrammes en une fois) guérit rapidement la chorée de Bergeron ; s'il échoue, on aura recours aux remèdes habituels de l'hystérie.