TORTICOLIS SIMPLE
sieurs enfants, auxquels on voulait imposer le port d'une minerve, guérir rapidement par quelques manipulations et une suggestion bien dirigée.
Anatomie pathologique. — Dans les rares autopsies qui aient été faites^ on atrouvé le muscle sclérosé et fibreux dans ses deux tiers, ses trois quarts inférieurs ou dans sa totalité. Il paraissait raccourci, plus étroit, diminué dans sa largeur comme dans son épaisseur. Les vertèbres sont intactes, les vaisseaux peuvent présenter un rétrécissement de leur calibre, l'apophyse raastoïde est allongée, la clavicule plus incurvée que normalement. La lésion siège surtout, à droite ; le chef sternal du muscle est plus atteint que le chef claviculaire. On manque de renseignements sur l'état des nerfs.
Symptômes. — Dans la forme aiguë, le début est soudain ; l'enfant est pris,, à la suite d'une course, d'un effort, ou sans cause appréciable, d'une vivedouleur, accompagnée parfois de fièvre, d'insomnie, de sueurs. Quelquefois^ ce n'est qu'au réveil qu'apparaît le torticolis. La tête est inclinée sur le côté malade, le menton tourné du côté sain ; le cou est immobile et rigide ; on arrache des cris 5 l'enfant quand on essaie de lui imprimer des mouvements. En palpant le cou, on sent une masse dure formée par le sterno-mastoïdien raccourci.
Au bout de quelques jours, sept ou huit tout au plus, la maladie se termine par la cessation de la contracture musculaire. Mais le torticolis peut passer à la chronicité. Dans le torticolis chronique, l'inclinaison s'exagère et s'accompagne de rotation ; l'oreille du côté malade tend à se rapprocher de l'épaule, le menton regardant l'épaule saine ; la rotation est donc inverse de l'inchnaison. Une courbure de compensation s'établit dans les vertèbies cervico-dorsales. L'épaule du côté malade s'élève. Le sterno-mastoïdien fait rehef, il est dur et tendu, et d'autant plus qu'on cherche à ramener la tête dans la rectitude. Du côté sain, le muscle paraît large et étalé. Tous les mouvements de la tête sont entravés. A la longue, le crâne et la face du côté malade s'atrophient (Jules Guérin), le strabisme apparaît (Cuignet). D'après Bouvier (1), la carotide externe serait diminuée de calibre. En somme, tout le côté malade se réduit à cause des entraves apportées à sa nutrition. La maladie marche lentement, mais progressivement, et l'on est obligé d'intervenir.
Je n'insiste pas sur la rétraction du peaussier du cou, du trapèze et sur les autres variétés du torticolis. Duchenne a bien étudié la contracture isolée du trapèze, Delore celle des muscles de la nuque (torticolis postérieur). Le torticolis spasmodique, le torticolis intermittent clonique et tonique, se traduisent par les mêmes déformations, mais elles sont passagères et curables médicalement.
Le pronostic est très variable, suivant toutes ces variétés. Bénin dans les formes aigu^^s, il l'est moins dans les formes paroxystiques, et il est sérieux dans la forme chronique, qui impose une intervention chirurgicale.
Diagnostic. — Reconnaître un torticolis est chose facile ; le rapporter à sa véritable cause ne l'est pas toujours. On examinera avec soin les vertèbres, le phar^'nx, pour éhminer le mal de Pott. On étudiera les ganglions,.
(1) Académie de médecine, 1851.
les abcès profonds, les tumeurs qui pourraient donner l'apparence du torticolis, Puis on concentrera son attention sur le muscle mastoïdien. On ne négligera pas l'état psychique du sujet. Le rhumatisme des vertèbres cervicales se reconnaîtra à l'acuité du début, à la fièvre, à la douleur vive qu'on provoque par la pression et la mobihsation, et surtout à l'épreuve de la médication salicylée.
Traitement. — Après avoir essayé le massage, l'électricité faradique, galvanique, statique, les frictions sèches ou alcooliques, les vésicatoires volants, l'auto-suspension, le collier plâtré, on aura recours à la ténotomie, imaginée par Dupuytren (1822), pratiquée par Dieffenbach. Après la section souscutanée du tendon, on appliquera un collier orthopédique, dit minerve. Morgan a préconisé la résection du nerf spinal (1861 ) ; sur 7 cas, il y a eu 5 guérisons. L'élongation du nerf a donné un succès sur deux. Après avoir essayé le salicylate de soude, qui réussit souvent, on pourra faire des massages ou apphquer une pommade anesthésiante (gaïacol 4 grammes, vaseline 40 grammes). Quand le torticolis est purement nerveux et spasmodique, non rhumatismal, le drap mouillé est indiqué.