SURDI-MUTITÉ
turc doit être hâtive ; elle donne issue au pus et décèle dans la grande cellule mastoïdienne des fongosités qu'il faut curetter et stériliser avec une solution de chlorure de. zinc à 1 p. 10 (Moure).
Chez les nourrissons ,1a mastoïdite est souvent insidieuse, sans symptômes généraux, ne se traduisant que par un gonflement rétro-auriculaire. Elle est bornée le plus souvent à des lésions de l'antre (antrite). Ses symptômes, ses lésions, son traitement ont été bien exposés par Broca [Thèse de Salamo, Paris, nov. 1906), Nové-Josserand et Jacob [Arch. Gén. de Chir., sept. 1907). Elle peut exister sans otorrhée préalable. Sur 9 cas opérés par Steinleger [Bev. Méd. del Rosario, mars 1919), 2 seulement avaient eu de l'otorrhée» 7 (77 0/0) n'avaient pas eu la moindre perforation tympanique. Salamo, sur 150 mastoïdites de la première enfance, en trouve 32 (21 0/0) sans otorrhée. La mastoïdite peut être très précoce : cas de Salamo à 3 semaines, cas de Steinleger à 6 semaines.
Quand on intervient tardivement, la mastoïdite passe à la chroninlé. Alors la suppuration se fait jour à l'extérieur, soulève la peau ; on croit à une périostite, et on se contente d'inciser les parties molles. Or il faut aller jusqu'à l'os pour l'examiner et le trépaner au besoin.
Le véritable traitement de l'ostéite mastoïdienne, aiguë ou chronique, est l'ouverture de l'antre, pour faire sortir le pus et nettoyer la cavité. On se sert de la gouge et du maillet, ou d'une fraise mue par un moteur électrique. Chez le nourrisson, la simple curette suffit. Une fois l'apophyse mastoïde dénudée, on cherche le spina supra meaium, épine osseuse qui se trouve à la partie postéro-supérieure du conduit osseux, et qui sert de point de repère. En ouvrant, à ce niveau, à un demi-centimètre en arrière du conduit osseux, on tombe dans la grande cellule mastoïdienne. Une fois la cavité ouverte et nettoyée, on place un drain dans son intérieur, on suture les parties molles et on panse aseptiquement. Voir pour la trépanation de la mastoïde chez le nourrisson le mémoire de G. Fournier (Arch. de Méd. des Enfants^ oct. 1907).