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SURDI-MUTITE

L'enfant ayant, par suite d'une lésion congénitale ou acquise, perdu la faculté d'entendre, ne peut apprendre à parler, c'est un sourd-muet.

Étiologîe. — Tl est très difficile d'établir la proportion des surdi-mutités acquises et des surdi-mutités congénitales. Mais il est certain que les garçons sont atteints plus souvent que les filles. L'hérédité et les mariages consanguins ont été invoqués dans l'étiologie de la surdi-mutité congénitale. Les causes de la surdi-mutité acquise sont mieux étabhes : méningite cérébrospinale épidémique, méningite simple, scarlatine, diphtérie, rougeole, typhus, oreillons, et, en général, toutes les maladies infectieuses susceptibles d'atteindre la caisse, les nerfs acoustiques, les labyrinthes, et de déterminer la perte de l'ouïe.

Anatomie pathologique. — Parmi les lésions le plus souvent observées, on

cite l'atrésie bilatérale des conduits auditifs, les vices de développement du labyrinthe et des nerfs acoustiques, les infections de la vie intra-utérine ou de la naissance, la carie, la nécrose des osselets et du labyrinthe, la destruction du nerf acoustique, l'ossification des fenêtres ou du labyrinthe. Boucheron a signalé l'influence de l'obstruction des trompes d'Eustache, survenant après la naissance, et qui, quand elle est permanente, entraîne la résorption de l'air de la caisse, l'affaissement du tympan, la compression du Hquide labyrinthique et du nerf. La mutité acquise est en effet généralement la conséquence de la perte de l'ouïe, et elle sera d'autant plus accusée que la cophose aura été plus précoce. Un enfant devenu sourd avant quatre ans est presque fatalement muet ; plus tard, à sept, huit ans, l'enfant peut conserver le langage si l'on fait le nécessaire.

Symptômes. — Quelques sourds-muets ne sont pas absolument sourds et perçoivent les bruits un peu forts (demi-sourds). C'est dans cette catégorie qu'on trouve les sujets les plus intelligents et les plus éducables, les plus capables de parler.

La montre appliquée sur la tête ou le diapason ne sont pas entendus ; parfois quelques vibrations sont perçues. Sur 100 cas, d'après Toynbee, de Ross et Hartmann, 60,2 ont de la surdité totale, 24,3 perçoivent le bruit du diapason, 11,2 entendent les voyelles, 4,3 perçoivent certains mots. L'examen de l'oreille montre l'intégrité de ses parties constituantes, mais parfois des déformations du tympan, synéchies.

Le pronostic est variable ; s'il s'agit d'une otite moyenne suppurée, ou d'une autre maladie curable, on pourra sauver l'ouïe et par suite prévenir ou atténuer la mutité. Politzer croit que la surdi-mutité congénitale est moins grave que la surdi-mutité acquise ; il a vu des enfants, sourds-muets de naisance, entendre un peu et apprendre à parler vers sept, huit, dix ans ; un enfant de trois ans considéré comme sourd-muet est revu à six ans avec l'ouïe normale et parlant un peu.

Traitement. — Après avoir examiné avec soin l'appareil auditif, on saura s'il y a quelque chose à faire de ce côté ; on n'oubliera pas le naso-pharynx, les végétations adénoïdes. Moure a opéré les végétations adénoïdes de jeunes sourds-muets et a vu, à la suite de l'opération, l'ouïe se développer dans une certaine mesure. En général, tous les traitements locaux échouent, et il faut se résigner à instruire les enfants suivant des méthodes spéciales. Pendant longtemps les sourds-muets se sont entretenus par signes ; aujourd'hui on leur apprend à lire sur les lèvres de leurs interlocuteurs et à parler (Urbantschitsch). On essaie aussi de réveiller l'acuité auditive à l'aide de bruits intenses et prolongés. Le sourd-muet arrive d'autant mieux à parler et plus aisément qu'il est intelligent, que la perte de l'ouïe n'est pas absolue, et qu'il a commencé plus tôt les exercices de l'ouïe et de la voix. Il n'y a rien à faire avec les sourds-muets idiots.

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