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CONJONCTIVITES PSEUDO-MEMBRANEUSES

Les conjonctivites à fausses membranes sont de diverses espèces, qu'on ne peut toujours distinguer par le seul examen objectif. ïl y a une conjonctivite diphtérique et des conjonctivites pseudo-diphtériques.

V^ Conjonctivite diphtérique. — Dans la forme qu'on a appelée inierstiiieUe, les paupières sont gonflées, dures, impossibles à retourner ; sur leurs bords, à leurs angles, on voit des ulcérations grisâtres et sanieuses. La conjonctive, boursouflée, luisante, presque sèche, ne donne pas de sang par la scarification h cette période d'iniiltration fibrineuse.

État général mauvais, fièvre, souvent coexistence d'autres localisations diphtériques. Après cette période en vient une seconde de mortification et d'élimination des escarres. Alors la sécrétion devient abondante et séro-purulente. Dans une troisième période, se forment des cicatrices et des brides (symblépharon). A l'examen bactériologique, on trouve des bacilles de Lôffler. La cornée, très menacée, est presque toujours détruite par suite d'infiltrations microbiennes (Sourdille), d'associations staphylococciques ou streptococciques. Pour H. Coppez (Bruxelles, 1897), la cornée serait attaquée par les toxines diphtériques. Dans le traitement de cette forme, il faut se garder des cautérisations, scarifications et autres moyens violents. On se contentera de lavages très chauds (40-45®) avec la solution thébaïsée de Valude (10 centigrammes d'extrait thébaïque par litre), suivis d'application de pommade iodoformée à 1 p. 50. En même temps on fera une injection de sérum de Roux.

Il est une autre conjonctivite diphtérique caractérisée par la formation d'une fausse membrane couenneuse très visible, sans gonflement exagéré des paupières. L'écoulement séro-purulent est notable, la fausse membrane peut être décollée avec une pince. Le diagnostic repose sur la constatation du bacille de Loffler et la coexistence de diphtérie laryngée ou pharyngée. Même traitement que plus haut.

20 Conjonctivite diphtéroïde. — Les pyogènes ordinaires peuvent sur la conjonctive, comme dans la gorge, aboutir à la formation de fausses membranes. On distingue une conjondive pseudo-membraneuse superficielle, une profonde, une chronique et enfin une chimique due à l'abus des topiques.

3^ Conjonctivite pseudo-membraneuse superficielle. — C'est une ophtalmie aiguë ordinaire qui présente des fausses membranes localisées ou généralisées, mais faiblement adhérentes. Le catarrhe est plus abondant que dans la diphtérie, la muqueuse est peu altérée. On a trouvé des microbes très divers : gonocoque, pneumocoque, bacille de Weeks, streptocoque.

40 Conjonctivite pseudo-membraneuse profonde.- — La fausse membrane ici est très adhérente, et au-dessous d'elle la muqueuse saigne facilement ; la cornée est très souvent envahie : la guérison est suivie de brides cicatricielles, de symblépharon. Peu de catarrhe. On a trouvé dans cette forme le

gonocoque, le pneumocoque, le streptocoque. Traitement par les irrigations très chaudes, par la pommade iodoformée, comme précédemment. Pas de caustiques, pas d'irritants.

50 Conjonctivite pseudo-membraneuse chronique (Valude). — Une fausse membrane épaisse, grise, se moule sur la muqueuse sans l'altérer. Peu d'écoulement, cornée peu menacée. On a trouvé dans cette forme le staphylocoque.

6° Conjonctivite pseudo-membraneuse chimique. — Les topiques irritants (nitrate d'argent, sublime, permanganate de potasse) peuvent déterminer des conjonctivites à fausses membranes. On voit la sécrétion purulente s'arrêter, la muqueuse se couvre d'une fausse membrane grisâtre, adhérente ; la cornée se trouble, devient opaque. Le pronostic, quand on s'arrête à temps dans la voie des cautérisations, n'est pas mauvais. Mais il faut cesser imçiédiatement toute médication irritante, appliquer de la vaseline iodoformée, du collyre au bleu de méthylène, faire des irrigations thébaïsées très chaudes (une à deux par jour), en évitant de toucher la cornée avec un instrument (canule).

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