ŒDÈME ET SCLÉRÈME DES NOUVEAU-NÉS
vasculaires ou pulmonaires. Il ajoute : « M. Baron .regarde depuis longtemps cette affection comme un œdème, comme une simple infiltration séreuse du tissu cellulaire, laquelle est symptomatique d'un trouble ou d'un obstacle quelconque au cours du sang, dans le cœur, les poumons et les gros vaisseaux ».
Anatomie pathologique. — La peau du cadavre, moins dure que pendant la vie, laisse écouler à la coupe une sérosité mêlée de sang. Cette sérosité est coagulable. On trouve, du côté des poumons, une distension vasculaire notable ; l'atélectasie est fréquente ; le cœur est dilaté, les sinus de la duremore sont gorgés de sang. Il y a parfois un épanchement dans les séreuses (plèvres, péricarde, péritoine), ou des lésions d'entérite et d'athrepsie. Dans un cas mortel, Ballantyne a trouvé de la néphrite (1 ).
Symptômes. — L'œdème survient peu de jours après la naissance ; il débute par les mollets, la face postérieure des cuisses, les mains, les organes génitaux. La peau est pâle et conserve l'empreinte du doigt ; l'exfoliation épidermique normale manque ou se suspend dans les parties atteintes. Il est rare que l'œdème soit généralisé ; il est plus prononcé sur les parties déclives et sur le coté en contact avec le lit, si l'enfant garde le décubitus latéral. Dans certains cas, l'œdème est dur et la peau tendue. La température s'abaisse, la circulation est ralentie, et l'enfant peut s'éteindre dans le coma. Si l'œdème est partiel, la guérison s'obtient assez souvent. C'est dans les cas d'œdème partiel que la peau reste pâle et mobile ; s'il est très étendu, la peau devient bleuâtre, livide, dure, résistante, sans aller pourtant jusqu'à immobiliser les jointures. L'athrepsie accompagne souvent l'œdème des nouveaunés, et, quand le pouls et la température s'abaissent, on ne sait à quoi, de l'œdème ou de l'athrepsie, attribuer cet abaissement. La respiration se ralentit, le cri est aigu, sifflant, à cause d'un léger œdème de la glotte (d'après Billard). Parmi les complications, il faut signaler l'ictère, la broncho-pneumonie, l'atélectasie et l'œdème du poumon, l'athrepsie, et finalement les troubles nerveux, qui aboutissent au coma.
La maladie débute du premier au cinquième jour de la naissance ; Valleix ne l'a pas vue après le quatrième jour. Mais l'œdème peut s'observer plus tard, dans les premières semaines et même dans les premiers mois. J'ai vu un enfant de trois mois, nourri au biberon, qui présentait un œdème des mains, des pieds, des avant-bras et des jambes. Le pronostic n'est pas fatal, et la guérison doit être espérée dans les cas où l'œdème est limité et où les conditions hygiéniques sont bonnes.
Le pronostic varie d'ailleurs beaucoup suivant les miheux : mauvais dans les hospices d'enfants trouvés, il est meilleur dans les maternités et dans la chentèle. Tout se réduit, au fond, à une question d'allaitement et de calorification. Si l'enfant n'est pas réchauffé, il meurt par le poumon ; s'il n'est pas bien nourri, il meurt par l'intestin. L'ictère n'est pas une comphcation grave : les troubles respiratoires, au contraire, sont funestes, et la tendance b l'assoupissement est d'un fâcheux augure.
G.-A. Pétrone {La Pediatria, juillet 1907) a rapporté un cas d'œdème
(1) Brit, med. Journal, 1890.
chronique congénital rappelant le irophœdème de Meige, Vœdème seamentaire de Debove, simulant l'éléphantiasis. Il s'agissait d'un petit garçon de six mois, ayant depuis la naissance un gonflement œdémateux des membres inférieurs et du scrotum. A quinze mois, l'œdème persistait aux pieds. La doctoresse J. Fini (Riv. di Clin. Ped., déc. 1915), chez un enfant de 2 mois 1 /2, a vu le gonflement œdémateux des pieds et des bas de jambes ; de même chez la mère : Irophœdème congénital chronique héréditaire de Meige et Milroy. Milroy, qui en a donné la première description [New-York Med. Journ., 1892), l'a suivi dans 6 générations (82 cas sur 97 personnes). D.-M. Greig [Ed. Med. Jour., avril 1919) a vu l'œdème congénital symétrique des pieds chez un nouveau-né ; deux autres enfants indemnes.
Œdème de la seconde enfance. — On voit des œdèmes, localisés ou généralisés, dans la seconde enfance, sans albuminurie, sous l'influence du froid et de la misère physiologique quelquefois par suite de rétention chlorurée (enfants traités par les bouillons salés ou par les injections de sérum artificiel). On peut voir l'œdème coïncider avec le purpura. Chez un garçon de trois ans et demi bien portant, mais de souche arthritique (nbv. 1910), je constate d'abord une légère grippe avec 38^ et 38o,5. Le 20 novembre, je trouve au-dessus du coude droit un gonflement œdémateux considérable, sans rougeur ni démangeaison. Le 21 , l'œdème brachial a disparu, mais il existe une plaque d'œdème profond à la face externe de la cuisse gauche. Le 23^ œdème de la face dorsale de la main droite qui disparaît en deux jours. Le 25, œdème du cuir chevelu à gauche. Le 26, taches de purpura aux jambes. Le 10 décembre, taches de purpura. Pas d'albuminurie, guérison.
T.-R. Whipham [Royal Soc. of Medicine, nov. 1911) a vu un œdème à rechute chez un garçon de quatorze ans, petit et dégénéré, qui présentait chaque année, vers le mois de septembre, un gonflement œdémateux de la jambe droite durant une quinzaine de jours. En 1909 et 1910, le bras droit fut pris également. En 1911 ^l'œdème se produisit à deux ou trois reprises. Le 29 septembre on nota le gonflement du pied droit et de la jambe avec bouffissure de la moitié droite de la face, tache purpurique au côté interne du mollet acro-asphyxie, pas d'albuminurie. Ce cas peut être rapproché de l'œdème aigu des paupières et de la maladie de Quincke. Quant à l'œdème généralisé, à Tanasarque sans albuminurie, c'est une affection un peu différente. Parmi les formes les plus curieuses il faut mentionner Vœdème général sowi-cutané familial observé par F. -H. Edgeworth [The Lancet, 22 juillet 1911) chez 6 enfants de parents sains ; l'œdème se déclarait entre l'âge de huit jours et trois mois, deux ont eu de l'œdème au sixième mois, un seul a survécu. Il semble que la diarrhée ait joué un rôle dans la production de cet œdème comme dans les 13 cas de W.-E. Hume [The Brit. med. Journal, 2 sept. 1911) se rapportant à des enfants atteints de gastro-entérite : mains et pieds toujours envahis ; 7 fois sur 13, œdème généralisé ; non influencé par le chlorure de sodium. Il semblait y avoir une atonie vasculaire généralisée que les injections d'adrénaline faisaient disparaître. Dans deux cas suivis de mort, on a trouvé une lésion scléreuse des capsules surrénales. L'œdème aigu circonscrit est encore