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STROPHULUS

Le strophulus, bien décrit par Willan et Bateman, est une dermatose de la première enfance, caractérisée par la formation de papules discrètes, petites, arrondies ou acuminées, prurigineuses au début, procédant par poussées successives et d'une durée parfois très longue. C'est le lichen simplex aigu de Vidal.

Étiologie. — Le strophulus est d'une fréquence extrême chez les enfants à

la mamelle ; c'est dans les premiers mois, la première ou la seconde année, rarement plus tard, qu'on l'observe. Très rare chez les enfants sains, allaités par leur mère ou par une bonne nourrice, le strophulus est très fréquent chez les enfants chétifs, maigres, nourris au biberon, sevrés trop tôt, ahmentés prématurément. Le strophulus se rencontre en somme dans les mêmes conditions que l'urticaire, dont il se rapproche cliniquement. Les troubles digestifs dominent sa pathogénie, et l'auto-intoxication gastro-intestinale doit être incriminée. Tandis que l'urticaire se rencontre à tout âge, le strophulus appartient exclusivement à la première enfance. On a invoqué la dentition, qui coïncide souvent avec la dermatose, mais ne la produit pas ; j'ai trouvé souvent, chez mes petits malades, la dilatation de l'estomac, la constipation, le rachitisme.

Symptômes. — L'éruption est toujours discrète et les éléments se comptent; on voit, à la face, sur les avant-bras, les poignets, les membres inférieurs, de petites papules isolées, très prurigineuses d'abord, pendant un ou deux jours, puis indolentes. Au début, chaque papule est entourée d'un cercle érythémateux, qui ne tarde pas à disparaître, et alors on se trouve en présence d'une saillie arrondie ou acuminée, grosse comme une tête d'épingle, un grain de mil, un grain de chènevis, une lentille parfois ; sa couleur est opaline, blanchâtre, grisâtre, demi-transparente ; sa consistance est dure, hgneuse, elle paraît enchâssée dans le derme. Très souvent le sommet de la papule est excorié par les grattages et recouvert d'une parcelle de sang desséché. Quelquefois il existe une petite vésicule. L'éruption n'est jamais confluente, et ce n'est que par exception qu'on rencontre de petits groupes de cinq à six éléments rapprochés.

Les lieux d'élection sont : la face dorsale des poignets et des avant-bras, les joues, le front, les fesses, les jambes. Chaque élément dure sept à huit jours, mais les poussées peuvent être très nombreuses, et la maladie persiste parfois des semaines, des mois, une année. Dans les formes ainsi prolongées, on observe des rémissions assez longues. Le pronostic m'a paru très bénin. La bénignité est incontestable pour les formes éphémères ; cependant on a constaté parfois la transformation du strophulus en prurigo de Hebra.

Diagnostic. — Il est ordinairement facile de reconnaître le strophulus ; il se distingue de l'urticaire par la petitesse de ses éléments, par leur aspect, leur couleur, leur répartition discrète ; le prurigo parasitaire^ le lichen, offrent des éléments plus larges, plus prurigineux, plus persistants ; Veczéma est constitué par des vésicules petites, nombreuses, rapprochées les unes des autres. Chez certains enfants, on voit parfois coïncider le strophulus avec l'urticaire, l'eczéma, l'impétigo. Le sirophulas pruriginosus de Hardy est précisément un mélange d'urticaire, de prurigo et de lésions de grattage, qui pourrait aboutir au lichen agrius.

Traitement. — Le traitement est régi par deux indications : 1^ remédier aux troubles digestifs, combattre la diarrhée, la constipation par un meilleur régime, un bon allaitement ; 2° combattre l'éruption elle-même à l'aide des topiques, quand elle est trop étendue ou trop prurigineuse. Mêmes médicaments que pour l'urticaire.

PRURIGO 957

Contre les poussées de strophulus et généralement dans toutes les toxidermites des nourrissons, Lesné aprescrit avec succès le babeurre ou lait écrémé {Arch.de Méd. des Enfanîs, 1906).

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