PRURIGO
Sous le nom de prurigo, on désigne une éruption papuleuse, formée d'éléments durs, arrondis, excoriés par ies grattages, de volume variable et de durée incertaine. Ce n'est pas une entité morbide, mais une lésion banale reconnaissant des causes diverses.
Étiologie. — Très fréquent chez les jeunes sujets, surtout dans la seconde enfance, le prurigo peut être d'origine externe et parasitaire (poux, acares). Quand il est dû aux poux de tête, il siège spécialement à la nuque et à la partie supérieure du dos. S'il est dû à la gale, il occupe les mains, les pieds, les fesses, et il est mêlé de pustules. Mais il peut être spontané ou de cause interne ; il se rencontre alors chez les enfants qui digèrent mal, qui font des abus alimentaires, qui boivent trop. Enfin il faut tenir compte du nervosisme de certains sujets ; on voit même des enfants tourmentés par un prurit rebelle sans éruption. Le prurigo, par sa nature et par ses causes, doit être rapproché de l'urticaire et du strophulus avec lesquels il se confond souvent.
Symptômes. — Il y a deux choses dans le prurigo : 1» une éruption : 2° une démangeaison. L'éruption est uni ou multiforme, mais elle est essentiellement papuleuse, c'est-à-dire formée par l'infiltration du derme par place. La lésion élémentaire est bientôt défigurée par les grattages, qui l'excorient, l'entament, la font saigner et qui ajoutent, aux éléments primitifs, de l'eczéma, des crevasses, des pustules, du Hchen. L'association de ces éléments multiples se voit surtout dans cette forme chronique et incurable qu'on appelle le prurigo de Hebra.
Les papules du prurigo sont de volume variable : il y en a de petites (tête d'épingle), de moyennes (grain de chènevis), de grosses (lentille). Les démangeaisons, souvent atroces, sont plus fortes la nuit que le jour. Au point de vue du pronostic, on doit distinguer un prurigo aigu, qui guérit bien et facilement quand on supprime la cause (parasites), et un prurigo chronique très rebelle, qui doit faire craindre le prurigo de Hebra.
Diagnostic. — On distinguera le prurigo de Vuriicaire à l'absence des plaques érythémateuses qui caractérisent celle-ci. Le strophulus est plus discret, s'observe chez des enfants plus jeunes et guérit plus facilement. Ueczéma, en confondant ses éléments avec ceux du prurigo, dans les formes invétérées, peut prêter à l'erreur. On tiendra compte alors des démangeaisons et de l'évolution de la maladie. On cherchera la cause de la maladie, et on pensera toujours aux agents parasitaires (poux et acares), qui produisent constamment le prurigo.
Traitement. — Dans le prurigo de cause interne, on surveillera le régime de l'enfant, on écartera les aliments irritants, épicés, les boissons fortes ou trop
abondantes. On fera l'antisepsie intestinale. On traitera l'éruption par le glycérolé tartrique, l'huile de morue en frictions, l'emplâtre d'huile de morue. Cette médication est appHcable surtout au prurigo chronique et de Hebra. Si le prurigo est de cause externe, on commencera par détruire les parasites.