LICHEN DE WILSON
Sous le nom de lichen plan ou hchen de Wilson (1867), on décrit une éruption papuleuse spéciale, assez rare chez les enfants, et dont le développement semble influencé par le système nerveux. Dans la première enfance, on l'a signalé chez les rachitiques, syphilitiques et cachectiques ; dans la seconde enfance, chez les nerveux et surmenés ou fatigués.
La papule qui constitue le Hchen est superficielle, n'intéressant pas les couches moyennes et profondes du derme. A sa surface, l'épiderme s'épaissit
avec plus ou moins de régularité. Au centre des papules, on trouve souvent un conduit sudoripare.
Le volume des papules est très variable, il va d'un grain de mil à une lentille ; leur forme, déterminée par les plis de la peau, est polygonale, leur sommet aplati [lichen plan) ou ombiliqué. Couleur peu différente de celle des parties environnantes, ordinairement un peu rougâtre [lichen ruher). Dureté au contact, sensation de peau de chagrin. Desquamation peu appréciable, furfuracée ou farineuse tout au plus.
Les papules de lichen se réunissent pour former des groupes, des placards plus ou moins étendus, ovales, arrondis ou irréguliers, quadrillés à leur surface, par exagération des plis de la peau.
Quand on presse sur ces placards pour les anémier, on constate une pigmentation de la peau qui survit d'ailleurs au lichen.
Les papules persistent des semaines et parfois des mois, entretenues par les grattages de l'enfant. En effet le prurit accompagne toujours le lichen : il €st plus ou moins violent suivant la nervosité des sujets.
Sainton et Burnier [Soc. de Derm. et de Syph., 4 mai 1911) ont vu, chez un garçon de six ans et demi,' sur le dos de la langue et la face interne des joues, de petites taches blanches saillantes, arrondies (volume allant d'une tête d'épingle à une lentille^ qu'ils rapportent au lichen plan buccal.
Sous le nom de Lichen planus in infants [Bril. Journ. of Demi., 1891), Colcott Fox a décrit, chez les nourrissons de la première année, de petites papules au niveau des follicules pileux, disséminées sur le tronc et les membres, respectant les plis de flexion, mais non la face ; ces papules se groupent souvent en plaques quadrillées, pigmentées et squameuses. Prurit inconstant.
Il faut distinguer le lichen plan du slrophulus ou prurigo simplex, qui présente les mêmes démangeaisons, mais procède par éléments isolés, discrets, parfois vésiculeux ou bulleux ; enfin le strophulus évolue par poussées successives, et on trouve simultanément sur le corps des éléments de différents âges. D'ailleurs les deux éruptions présentent des analogies, et c'est pour cela qu'on a désigné parfois le strophulus sous le nom de lichen simple aigu des jeunes enfants.
Les autres éruptions, eczéma disséminé, psoriasis gultata, impeligo sparsa, syphilis miliaire, se distinguent aisément. Encore faut-il prévoir dans beaucoup de dermatoses la lichénisalion de la peau amenée par les grattages, les topiques.
Le pronostic n'est pas grave, et la guérison s'obtient dans tous les cas, mais parfois avec difficulté et lenteur.
L'arsenic a été très recommandé à l'intérieur : liqueur de Fowler (I à X gouttes par jour suivant l'âge), arséniate de soude (1 à 10 milhgrammes), cacodylate de soude ou arrhénal (1 à 2 centigrammes). Les douches chaudes ont été recommandées par Jacquet.
La ponction lombaire (Thibierge) pourrait faire disparaître le prurit.
Comme topique, on peut graisser avec une pommade acide : glycérolé tartrique à 1 p. 50, vaseline phéniquée à 1 p. 30, ou faire des lotions vinaigrées, chloralées.