PURPURA
Werlhof a décrit une maladie bénigne, caractérisée par des pétéchies et des hémorragies multiples (morbus maculosiis) . Sous le nom de purpura hémorragique, je décrirai non seulement la maladie de Werlhof, mais aussi les variétés plus graves.
Étiologie. — Le purpura hémorragique, rare chez les adultes, plus rare encore chez les nouveau-nés, présente son maximum de fréquence entre six et quinze ans. Norman Glegg {Brii. Med. Journal, 12 mars 1910) a signalé un cas de purpura fœlal ; enfant ayant vécu douze heures, pétéchies et ecchymoses sur la peau, purpura de la muqueuse buccale, du péricarde, du péritoine, du cerveau, gros placenta ; faut-il incriminer la syphilis?
Le purpura ofïre, malgré la variété de ses formes cliniques, les allures des maladies infectieuses. Martin de Gimard{Thèse de Paris, 1888) a découvert, dans le sang de quelques sujets, des microcoques qu'il considère comme pathogènes.
Hanot et Luzet ont trouvé le streptocoque dans un purpura fœtal, la mère étant atteinte de méningite streptococcique {Arch. de Méd. Exp., 1^^ novembre 1890). D'autres ont incriminé le pneumocoque. L. Somma a décrit une forme de purpura infectieux caractérisé par la présence de taches ecchymotiques arrondies, de la grandeur d'un sou, chez les nourrissons. Ce purpura ecchymotique a été observé ensuite par Rinonapoli et G. Somma qui l'attribue à une infection gastro-intestinale (1).
David A. Alexander [Bril. Med. Journal, 30 janvier 1909) a vu deux cas de purpura hémorragique, dont l'un rhumatoïde, après la varicelle (garçon de deux ans et demi, fille de sept ans). Chez le petit garçon, il y eut hémorragie et ulcération des bulles varicelleuses, ecchymoses, melsena ; guérison.
Les enfants robustes et sains ne paraissent pas moins exposés au purpura que les enfants délicats et affaiblis ; peut-être relèverait-on chez quelquesuns les attributs de l'hémophihe. Le purpura n'est pas contagieux, du moins sa transmissibilité d'enfant malade à enfant sain n'a pas été observée ; peutil récidiver sur le même sujet, cela est possible. Parmi les causes occasionnelles, il faut citer les émotions morales intenses (frayeurs), les traumatismes violents (coups et chutes).
Pour Grenet [Thèse de Paris, 1905), il n'y a pas de purpura primitif, il y a toujours une infection ou une intoxication à l'origine, sauf pour le purpura mécanique. La disposition symétrique, la répartition sur des trajets nerveux ne contredisent pas cette doctrine. Infection ou intoxication agissent en troublant le foie ; la lésion du foie peut rendre le sang plus fluide. Le purpura serait le résultat d'une intoxication nerveuse, souvent médullaire, parfois périphérique. Ce purpura névropathique ne se produit que sur un terrain préparé par une altération viscérale, surtout hépatique. Symptômes. — Le purpura hémorragique peut se présenter sous divers
(1) Arch. ital, di Pedialria, janvier 1892.