KÉRATODERMIE SYMÉTRIQUE DES EXTRÉMITÉS
l'épiderme, devenu dur et résistant, sans élasticité, ayant dilaté tous les orifices, fait disparaître les saillies normales et subi des éclatements, des fissures par suite de la croissance du fœtus. On se trouve en présence d'enfants monstrueux, semblant couverts d'enduit sébacé desséché ; leur peau est d'une couleur jaune sale, sillonnée de fissures dessinant des plaques plus ou moins larges, et rappelle le cuir par son aspect et sa consistance. Face hideuse, bouche ouverte, lèvres fissurées, nez sans relief, joues hachées de fissures et de dépressions, paupières renversées en dehors, laissant à découvert le globe de l'œil, cils rares ou absents, oreilles rudimentaires, fissures crâniennes longitudinales, cheveux courts, déformés ou absents, cou haché de fissures perpendiculaires à son axe, mêmes fissures sur le tronc, organes génitaux rudimentaires, membres quasi œdémateux, gênés dans leurs mouvements par l'épaisseur de l'épiderme, semés de sillons circulaires plus marqués au niveau des articulations et des poignets. Les extrémités présentent des craquelures circulaires ; les doigts peuvent être unis (syndactylie) ou malformés, atrophiés ; les ongles sont peu développés. Par suite des mouvements, les différents sillons de la peau peuvent se transformer en surfaces saignantes. Leur longueur est variable comme leur largeur ; variables aussi les dimensions des plaques épidermiques qu'ils circonscrivent. Ces plaques sont isolées le plus souvent, très rarement imbriquées. Ainsi conformé, l'enfant ne saurait vivre longtemps ; il succombe dans les premiers jours ou les premières semaines de sa naissance.
Le traitement est impuissant ; on donnera des bains antiseptiques (sublimé à 1 p. 10.000), et l'on placera l'enfant dans la couveuse à 30 ou 35°.