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PSORIASIS

Le psoriasis est une dermatose squameuse caractérisée par la formation de taches arrondies, blanches, nacrées, composées de squames épidermiques plus ou moins épaisses reposant sur un fond rouge saignant facilement quand on le met à nu. Entre l'amas kératosique et le derme existe en effet une cuticule très mince et très fragile.

Étiologie. — Le psoriasis n'est pas rare chez les enfants, et je l'ai rencontré à tous les âges, à un an. dix-huit mois, deux ans, trois ans, six ans, dix ans, douze ans. Le D^" Rille a cité un cas chez un enfant de trente-huit jours [Soc. des M éd. de Vienne, 10 mai 1895). On le dit plus fréquent chez les garçons que chez les filles. Je n'ai pas été frappé de la différence sexuelle. L'hérédité est moins contestable; j'ai vu plusieurs enfants psoriasiques dont la mère, le père, un oncle, un frère, sans compter les grands-parents^ étaient atteints de la même maladie. Dans d'autres cas, l'hérédité directe ou collatérale n'a pu être relevée. Mais, s'il n'y a pas hérédité similaire, on peut observer l'hérédité diathésique, l'arthritisme, la névropathie. L'origine diathésique du psoriasis avait été affirmée surtout par Bazin. Ed. Lang (1878) en fait, au contraire, une maladie parasitaire, et il décrit, avec Eklund, un épiderniophylon, un lepacolla repcns rencontré dans les squames. Mais les inoculations ont été négatives. D'autres auteurs (E. Besnier) font du psoriasis une trophonévrose et peuvent s'appuyer sur l'influence provocatrice et

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exaspérante des émotions vives, des chagrins, et la coïncidence des névralgies, myal<];ies, arthropathies.

Anatomie pathologique. — La dominante est une hypertrophie considérable de la couche cornée de l'épiderme, du corps muqueux de Malpighi et des couches papillaires : absence de kératinisation par disparition du sïralum granuhsum. Vaisseaux dermiques superficiels dilatés et entourés de cellules lymphatiques. Kaposi plaçait l'origine des lésions dans le derme, mais Peciska (Monat. fur prakt. Derm., 1887) a bien montré que la lésion initiale était épidermique.

Symptômes, — Début insidieux, éruption d'éléments discrets, disséminés sans ordre ; pas de symptômes réactionnels, pas de fièvre, pas de douleurs ni de démangeaisons. On note la présence sur le tronc, les membres, dans le sens de l'extension, autour des coudes et des genoux, sur le front, de petites taches arrondies, blanches et brillantes, les unes miliaires, lenticulaires, les autres nummulaires, et figurant autant de taches de bougie. Ces taches font une saiUie très appréciable à la vue et au toucher par l'accumulation de squames dures, sèches, s'enlevant aisément et totalement par le grattage. Après leur ablation, on a sous les yeux une tache circulaire, unie, rouge, saignante. Suivant l'intensité des cas et l'ancienneté des lésions, on peut distinguer plusieurs formes : psoriasis pundaîa, quand les éléments sont petits, mihaires, ronds comme des têtes d'épingles ; psoriasis gidtata, quand ils sont plus grands ; psoriasis orbiculaire, quand ils sont franchement nummulaires ; psoriasis gijraia et figurata, quand ils forment des bandes et des placards étendus.

Le psoriasis a des lieux d'élection bien connus ; on peut trouver des éléments dispersés un peu partout, mais on en voit en plus grand nombre au voisinage des coudes, des genoux, dans le dos, la région sacrée, le cuir chevelu. Les ongles peuvent être pris, et alors ils sont jaunes, opaques, striés, ponctués.

Le psoriasis évolue par poussées plus ou moins éloignées, la santé restant parfaite et la peau nette dans les périodes intercalaires. C'est essentiellement une maladie à rechute. Un petit enfant, pris de psoriasis à l'âge de deux ans, avait une poussée tous les six mois ; cette poussée durait cinq à six semaines, Un autre enfant, plus âgé, n'avait de poussée que tous les deux ou trois ans.

Quand le psoriasis est discret, peu abondant, il cède plus facilement que s'il est généralisé. J'ai soigné simultanément, dans mon service, deux fillettes de treize ans, l'une n'ayant que quelques placards aux coudes, l'autre couverte de squames sur le tronc et les membres ; quelques applications de pommade à l'acide pyrogallique ont guéri la première; il a fallu six semaines pour blanchir la seconde. Le pronostic varie donc suivant l'intensité des cas ; mais la vie n'est jamais compromise.

Diagnostic — Généralement facile, le diagnostic du psoriasis peut, dans quelques cas, présenter des difficultés. Certains placards d'eczéma sec et squameux, d'eczéma séborrhéique de la tête, de pilijriasis rubra pilaire simulent assez bien le psoriasis, mais l'évolution de ces dermatoses est bien différente,

et leurs lésions élémentaires n'ont rien de commun avec le psoriasis. J'ai vu le psoriasis giiUala du cuir chevelu confondu avec l'impétigo.

Les siiphilides squameuses secondaires (j'en ai vu un exemple chez une fillette de neuf ans) reproduisent les principaux traits du psoriasis.

Traitement. — Autrefois on attachait une grande importance au traitement interne, et on donnait les alcalins ou l'arsenic. Récemment on a proposé l'iodure de potassium à haute dose. Mais aujourd'hui on a presque partout recours au traitement externe, et, sauf le régime qui doit être sévère comme dans toute dermatose, on se contente du traitement local. On commence par des bains savonneux qui nettoient la peau et amollissent les squames. Puis l'on fait des frictions quotidiennes avec V huile de cade pure chez les enfants grands et à peau tolérante, avec l'huile de cade mitigée par le glycérolé d'amidon chez les enfants plus jeunes. Quand il n'y a que peu de placards, on les traite par une pommade à l'acide pyrogallique è 1 p. 10. Voici la formule du glycérolé cadique ordinaire :

Huile de cade j .. ^r^

Glycérolé d'amidon i ^^ ^^ grammes.

Savon noir pour émulsionner Q. S.

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