mOLLUSCUIV! COIMTAGIOSUIVI
Le molhiscum contagiosum de Bateman, acné varioliforme de Bazin, se présente so.is forme de petits éléments ronds, globuleux, opalins, ombiliqués, disséminés sur la face et les parties à peau fine.
Étiologie. — C'est une affection contagieuse et inoculable. On a vu, dans les salles hospitalières, dans les écoles, de véritables épidémies d'acné varioliforme. J'ai observé souvent plusieurs cas dans la même famille. L'inoculation directe a donné des résultats positifs à Retzius, Vidal, Haab. Pick {Mûn. med. Woch., 1891) inocule le contenu d'un molluscum contagiosum, pris à la joue d'un adulte, sur la face interne des cuisses d'un garçon et d'une fille. Deux mois se passent sans germination. Le troisième mois, les deux points d'inoculation sont le siège de petites tumeurs qui présentent bientôt tous les caractères de Vacné varioliforme. Pour Neisser, l'agent parasitaire serait un sporozoaire de la classe des coccidies. Quinquaud {France Médicale, 1389), Darier concluent aussi en faveur des sporozoaires.
Anatomie pathologique. — La tumeur est énucléable, limitée du côté du derme, qu'elle déprime, par une couche lisse de tissu conjonctif. L'ombiHcest sec et noirci par les poussières; il peut donner issue à un liquide séreux quand la tumeur est grosse. Une coupe montre que le molluscum est constitué par une série de lobules piriformes groupés par leur pointe autour du noyau central. Sur les limites de la tumeur la paroi du molluscum se continue avec la couche vitrée du derme ; on trouve de l'éléidine dans chaque lobule. Pour Renaut (de Lyon)^ il y aurait une lésion évolutive des glandes sébacées ; au contraire, Neisser en fait une tumeur épithéhomateuse provenant des couches profondes du réseau de Malpighi.
Symptômes. — On voit se produire, en différents points de la peau, principalement à la face, sur les joues, sur les paupières, le cou, aussi sur les organes génitaux, les membres, de petites saillies arrondies et globuleuses, d'abord punctiformes, puis miliaires, pisiformes. Elles se groupent parfois autour des orifices naturels, des narines, de la bouche, des yeux. Chez une fille de trois ans, j'ai compté dix éléments autour de la bouche, un seul au cou, un au front, un à la paupière supérieure gauche. Ces tumeurs sont hémisphériques, ou légèrement ovalaires, translucides, sans rougeur de la peau à leur base ni à leur périphérie. Les plus grosses ont leur partie centrale déprimée comme les pustules de variole. Si l'on presse entre les ongles un de ces boutons adultes, on l'énuclée, c'est-à-dire qu'on fait sortir un corpuscule arrondi laissant une loge vide et saignante. Le nombre des éléments est très variable, quelquefois très limité, parfois assez grand. En général, l'éruption est discrète, et le groupement n'est jamais aussi notable que dans les verrues planes. On ne remarque aucune douleur, aucune réaction inflammatoire, sauf quand l'enfant, en se grattant, a déchiré les boutons et ouvert la porte à une infection secondaire. Quand les gros éléments de molluscum sont ainsi déchirés, ils peuvent laisser à leur suite une cicatrice indélébile.
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La durée de ces productions est très longue, presque indéfinie, quand la thérapeutique n'intervient pas. Chez les enfants atteints de molluscum que j'ai vus, et ils sont nombreux, les éléments n'ont jamais acquis un grand volume, et la guérison n'a pas présenté de difficultés. Le pronostic est donc bénin.
Diagnostic. — Le diagnostic est facile ; la forme hémisphérique des éléments, leur semi-transparence et surtout leur o'mbihcation les distinguent des verrues planes. L'absence de toute réaction inflammatoire éloigne Vacné pustuleuse. Le kysle sébacé a un aspect blanchâtre, crayeux, tout spécial ; il n'est pas ombiliqué. Le nœvus verruqueux est plus inégal, nettement papillaire.
Traitement. — Le molluscum étant contagieux, on isolera les enfants qui en sont atteints, on préviendra tout contact entre eux et les enfants sains jusqu'à guérison complète.
Le traitement est purement local. Les attouchements à la teinture d'iode au nitrate d'argent, sont peu efficaces. Il faut vider la petite tumeur avec une lancette flambée ou la pointe des ciseaux et cautériser le fond au thermocautère ou au galvanocautère. Quand les tumeurs sont discrètes, petites, de volume moyen, E. Besnier conseille de les énucléer avec de fines curettes à lupus, de comprimer la surface saignante avec un tampon d'ouate hydrophile et de panser ensuite avec un emplAtre adhésif. Si les tumeurs sont extrêmement multipHées, il les énuclée par lots successifs. Si elles sont très petites, innombrables, on aura recours aux eœfolialions successives avec le savon mou de potasse. Là encore, on devra procéder par lots successifs, pour ne pas provoquer de dermite intense et dangereuse pour l'enfant.