‹ Traité des maladies de l'enfanceChapitre 304 sur 342 · PITYRIASIS ROSÉ DE GIBERT · texte numérisé non relu

PITYRIASIS ROSÉ DE GIBERT

Le pityriasis rosé de Gibert, que Hebra et Kaposi décrivent sous le nom d'Herpès ionsurans macu!osii<i, n'est pas rare dans la seconde enfance. C'est une maladie qui ne semble ni contagieuse m inoculable, quoiqu'elle procède à la manière des fièvres éruptives.

Son invasion est insidieuse, et l'éruption ouvre la scène. On voit d'abord sur le tronc, au-devant de la poitrine, dans le dos, à la racine des membres, des taches rouges, discrètes, puis de plus en plus nombreuses. Elles sont roses, érythémateuses, effaçables à la pression au début. Puis leur surface devient farineuse et desquamative, leur couleur vive s'atténue, passe au gris jaunâtre, café au lait clair. Cette teinte fait penser quelquefois à la roséole syphilitique. Il y a d'ailleurs sur le même enfant des éléments de différents âges et de dimensions diverses, et l'éruption est un peu polymorphe. Un examen attentif pratiqué dans les premiers jours de l'éruption fera découvrir une plaque initiale, une plaque mère, arrondie, large, limitée par un cercle de desquamation. Cette plaque initiale, qui dure huit à dix jours, précéderait la généralisation et pourrait en être considérée comme l'origine.

En général, l'éruption est cantonnée sur le tronc et les parties couvertes des membres. Elle respecte la face, le cou, les mains et les pieds. Mais elle peut être généralisée. Elle dure assez longtemps, deux, trois, parfois quatre se-

maines sans changement. Les démangeaisons qu'elle cause sont insignifiantes et l'état général n'est pas atteint. On ne constate ni fièvre, ni embarras gastrique, ni courbature. L'appétit est conservé. Les enfants vont et viennent, et ils ne seraient pas arrêtés si l'objectivité des lésions ne préoccupait leur entourage. Parmi les enfants que j'ai observés récemment à la consultation de l'hôpital, aucun n'a présenté de symptômes pénibles ou fâcheux attribuables au pityriasis rosé de Gibert,

Le pronostic est donc très bénin, quoique la maladie puisse durer assez longtemps par suite de rechutes et de poussées successives observées dans quelques cas. J'ai vu un cas de récidive à un an de distance.

Le diagnostic est délicat ; il faut éliminer la roséole syphilitique, le pityriasis versicolor^ la iricopJijjlie circinée, ce qui est relativement facile. Mais, parfois, on aura quelque difficulté à distinguer V eczéma séborrhéique.

Comme traitement, j'ai prescrit le repos, la diète lactée, les bains alcalins, les onctions avec le glycérolé tartrique à 1 p. 50.

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