PELADE
La pelade est caractérisée par une alopécie en aires, qui siège généralement au cuir chevelu, mais qui peut s'étendre à tout le corps (1).
Étiologie. — On discute encore l'origine et la nature de la pelade ou des pelades ; les uns en font une m.aladie contagieuse (Bazin la rangeait parmi les teignes) et peuvent s'appuyer sur les recherches bactériologiques de Vaillard et Vincent (2). Ces auteurs ont trouvé, cultivé et inoculé aux animaux, un diplocoque siégeant dans les follicules pileux des peladiques. Sabouraud (Ann. de Vlnsi. Pasteur, 25 févr. 1897) a décrit un bacille très court, siégeant dans le follicule pileux, commun à la séborrhée et à la pelade.
Les autres, Kaposi en tête, nient la contagiosité de la pelade, qu'ils considèrent comme une trophonévrose. D'autres enfin distinguent une pelade nerveuse, non transmissible. Quoi qu'il en soit, la maladie est très fréquente dans la seconde enfance, chez les écoliers ; on voit souvent plusieurs enfants d'une même famille, d'une même pension, être atteints par la maladie, qui présente des allures épidémiques. Le contact direct ou plus souvent indirect, par la communauté des coiffures, peignes, brosses à cheveux, oreillers, traversins, explique la transmission de la pelade. La pelade n'est pas rare chez certains animaux domestiques (cheval, chien, chat), et l'on doit craindre la propagation aux enfants qui les entourent. La contagiosité dure autant que la maladie.
Pour Jacquet, la pelade ne serait jamais contagieuse, et elle serait le plus souvent en rapport avec des lésions dentaires.
Ânatomie pathologique. — Les poils, dans la pelade, sont atrophiés, sans lésion microscopique spéciale ; entre le bulbe pileux et la paroi folliculaire se
(1) Voir le mémoire de E. Besnier, Académie de médecine, 1888.
(2) Annales de l'Institut Pasteur, juillet 1898.