PELADE
trouverait le diplocoque de Vaillard et Vincent, et la maladie mériterait le nom de folliculiie microbienne innsuranie. Avant ces auteurs, Malassez avait décrit un parasite dans la pelade (1). Les nerfs n'ont pas présenté de lésions. Symptômes. — Bateman avait fort bien décrit la pelade : « Cette singulière maladie caractérisée par des taches plus ou moins circulaires qui rendent chauve la partie sur laquelle elles ont leur siège, et sur lesquelles on ne remarque aucun cheveu, tandis qu'elles sont, environnées d'un aussi grand nombre de cheveux qu'à l'état naturel. La surface du cuir chevelu est, au centre des taches, unie, brillante et d'une blancheur remarquable. »
Le début est généralement insidieux, et c'est par hasard qu'on découvre la pelade, c'est-à-dire une place blanche et dépouillée de cheveux; dans quelques cas, la plaque, au heu d'être glabre, est parsemée de cheveux noirs, cassés à ras ou à une petite distance (pelade à cheveux fragiles, cadavérisés de Besnier ; pelade pseudo-tondante de Lailler). La plaque primitive s'agrandit excentriquement, pour rejoindre parfois d'autres plaques contemporaines ou secondaires. Dans les cas graves, toute la tête est dépouillée de cheveux ; les sourcils, les cils eux-mêmes peuvent être atteints. L'enfant, cependant, ne présente aucun trouble, quelques démangeaisons parfois. En général, la pelade reste limitée et circonscrite (une, deux ou trois plaques) ; au bout de quelques semaines, dans les cas les plus favorables, de quelques mois dans les cas moyens, on voit la plaque se recouvrir de poils follets, peu colorés, puis de plus en plus foncés ; la guérison s'obtient ainsi graduellement, mais la récidive est possible. Le pronostic varie beaucoup suivant les cas : il y a des pelades bénignes et passagères ; il y en a de rebelles, d'envahissantes, qui défient tout traitement.
Diagnostic. — Quand le sujet se présente avec des cheveux ras et la tête propre, le diagnostic est facile ; les plaques de tricophijîie, arrondies comme les plaques de pelade, en diffèrent par Taspect grenu, inégal, grisâtre, par les cheveux cassés, et enfin par l'examen microscopique, h'alopécie syphililique ne procède pas par îlots circonscrits ; elle est générale et diffuse.
Les enfants nouveau-nés présentent une alopécie physiologique qu'il est facile de distinguer. Ils naissent généralement avec des cheveux plus ou moins denses et foncés ; pendant les premiers mois, ces cheveux tombent (mue physiologique) et sont remplacés par des cheveux plus clairs. Sur certains points soumis à la pression des oreillers, sur la région occipitale, l'alopécie se présente sous forme de plaques absolument glabres, de tonsures qui pourraient donner le change ; mais il suffit d'être prévenu.
Il existe aussi une alopécie congénilale, bien étudiée par Ch. Audry {Soc, Obsl. el Gyn., 1898). Cette alopécie, totale ou partielle, souvent héréditaire, relève d'une insuffisance de développement et de fonctionnement des bulbes pileux. Elle s'améliore avec l'âge. Un petit garçon de quatre ans et demi est né à terme, sans poils ; à deux ans et demi, les poils commencent à pousser ; actuellement, sourcils et cils normaux duvet sur la tête.
Traitement. — On fera la prophylaxie de la pelade par l'isolement de tous
(1) Archives de physiologie, 1874.
les enfants qui en sont atteints à un degré quelconque, dans les pensions, écoles et généralement toutes les agglomérations infantiles (1).
Dans les familles, on évitera le contact entre les enfants sains et ceux qui seront malades ; la tête des peladiques restera toujours couverte, elle sera nettoyée tous les jours, les cheveux seront coupés ras. On proscrira les échanges de coifïure, la communauté des draps, des peignes, brosses. Cependant les recherches de Jacquet ayant montré que la pelade n'était pas contagieuse, il n'y a plus lieu d'imposer des mesures aussi rigoureuses.
Gomme traitement, on prescrira, matin et soir, des lavages savonneux, qu'on pourra faire suivre d'une lotion avec :
Biiodure de mercure 20 centigrammes.
Bichlorure de mercure 1 gramme.
Alcool à 90" 40 grammes.
Eau 250 —
(Quinquaud).
On peut se servir encore de la lotion excitante suivante :
Baume de Fioravanti / , . ^^^ grammes.
Alcool camphre ^
Ammoniaque 6 grammes.
Tous les six jours, Quinquaud conseille d'appliquer une pommade :
Vaseline 100 grammes.
Acide chrysophanique ]
Acide salicylique > ââ 2 —
Acide borique )
J'ai obtenu quelques succès avec la teinture d'iode en badigeonnages répétés tous les deux jours. Le vésicatoire, et en particulier le vésicatoire liquide, est un bon moyen. On a conseillé encore les injections de pilocarpine. Jacquet préconise la simple irritation des plaques avec une brosse dure [Presse Médicale, déc. 1898). Comme traitement général, on prescrira l'exercice au grand air, les douches froides ou tièdes, les toniques.