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GALE

Symptômes. — Pendant les premiers jours, aucun symptôme ; au bout de sept à huit jours, démangeaisons, surtout la nuit. On examine les mains, la face antérieure des poignets, les pieds, les organes génitaux, les seins et la paroi antérieure de l'aisselle, lieux d'élection du sarcopte. La face est respectée. On rencontre alors les sillons caractéristiques, avec des lésions de grattage plus ou moins étendues. Ces lésions secondaires sont très abondantes et très exubérantes chez beaucoup d'enfants : papules excoriées (prurigo), pustules d'ecthyma, bulles pemphigoïdes, eczémas impétigineux formant des croûtes épaisses autour des poignets, sur les mains. Qn trouve aussi des plaques d'urticaire, des fissures, des traînées de lymphangite, des adénites ; en un mot, éruption violente et polymorphe.

Diagnostic. — Le polymorphisme des lésions précédentes, rapproché de leurs heux d'élection, doit faire soupçonner la gale, quel que soit l'âge de l'enfant ; l'intégrité de la face confirme ce diagnostic. Enfin, si la mère ou la nourrice, les frères ou sœurs, les autres membres de la famille présentent une éruption prurigineuse, la certitude est presque absolue.

Cependant le prurigo de Hebra est polymorphe et prurigineux au suprême degré ; les poux donnent aussi des éruptions polymorphes ; dans les cas douteux, la recherche du parasite s'impose, et le diagnostic de gale ne sera affirmé qu'en présence d'un sillon caractéristique. Le pronostic n'est pas grave, car la destruction de l'agent pathogène est facile ; cependant l'intensité des lésions accessoires peut entraver la guérison et la retarder.

Traitement. — On passera les vêtements et les objets de hterie à l'étuve à vapeur ou à la soufreuse. Si l'enfant est déjà grand, on le soumettra à la frotte de Saint-Louis (bains, frictions au savon noir, pommade d'Helmerichj.

Si l'enfant est jeune, il suffira de frictionner le corps avec Vonguent styrax pur ou coupé d'huile d'olive ou d'amandes douces. On peut se servir du savon de Constantin Paul :

Savon de Marseille 100 grammes.

Pétrole ) — f^n

Alcoolà90o j aa bU —

Cire 4 —

Le baume du Pérou apphqué au pinceau le soir, avec bain le lendemain, ou en pommade, est très efficace.

On peut formuler ainsi :

Huile d'olive 100 grammes.

Onguent styrax 20 —

Baume du Pérou 10 —

J'ai employé avec succès le glycérolé d'amidon avec 1/3, 1/4, 1/5, 1/10 de baume du Pérou. On apphque cette pommade en onction ; on recouvre avec de la tarlatane et une bande, laissant le tout en contact quarante-huit heures.

F. Lévy {Presse Médicale, 1919), rappelle le traitement au pétrole du D'^ Donnadieu : friction de tout le corps avec gant de toile bien imbibé répétée trois jours ; insister sur la plante des pieds et les doigts. Enduire ensuite les parties frottées avec une pâte à l'oxyde de zinc.

POUX, PÉDICULOSEj PHTHIRIASE

Nous décrirons, sous le nom de pcdiculose ou phthiriase, l'ensemble des lésions cutanées produites par les poux. Il y a trois espèces de poux :

1® Le pou du pubis, ou Phlhirius inguinalh (morpion), qui appartient surtout à l'Age adulte et occupe les régions pileuses qui avoisinent les organes génitaux ; c'est à kii que sont dues les taches bleues ou ombrées. Des recherches récentes ont montré que le pou du pubis pouvait atteindre les enfants à la mamelle. Il siège, chez eux, sur la tête, et particuHèrement sur les cils, el. sa présence peut occasionner une blépharite rebelle (1). On traitera cette blépharite par les pommades mercurielles : précipité rouge ou jaune à 1 p. 50 ;

2° Le pou du corps [Pedicuhis vesîimentorum), plus grand que le pou de tête, et qui se rencontre moins souvent que ce dernier chez les enfants. C'est le pou des vagabonds, des misérables qui couchent dehors, sous les ponts ;

3^ Le pou de tête {Pedicuhis rapiiis) est essentiellement le pou des enfants ; je vais étudier ses conséquences morbides.

Étiologie. — Les poux se rencontrent surtout chez les enfants pauvres, mal tenus, malpropres. Il existe encore des mères qui croient à la vertu préservatrice des poux de tête et qui ne font rien pour en débarrasser leurs enfants. Incurie, m^alpropreté, ingorance, misère, telles sont les causes de la pédiculose infantile. La contagion se fait aisément dans les familles nombreuses, les écoles, les asiles.

Le pou de tête est un insecte aptère, de 1 à 2 millimètres de long, muni d'un rostre et de mandibules. Il dépose ses œufs ou lentes sur les cheveux, auxquels ils adhèrent intimemicnt ; on peut en trouver plusieurs sur le même poil, qui prend la forme d'un chapelet. Dans un cas, j'ai vu les lentes envahir les cils.

Symptômes. — Les effets sont variables suivant la quantité de parasites, la quantité de cheveux, la propreté des enfants, leur tempérament. Beaucoup d'enfants assez bien tenus, peignés, lavés tous les jours, n'ont que quelques poux, sans éruption, et tout se borne à des démangeaisons supportables. A l'examen direct, on aperçoit des lentes collées aux cheveux, sans lésions du cuir chevelu. D'autres enfants, et ils sont nombreux, ont des éruptions multiples et diverses. Ce sont des lésions de grattage, excoriations et fissures saignantes de la tête, croûtes impétigineuses disséminées ou confluentes, faisant adhérer les cheveux. Quelquefois les croûtes sont sèches, fragmentées, formant des grains collés aux poils [impétigo granulala). Au milieu de cet impétigo granulata, on distingue des multitudes de lentes, et on voit grouiller les poux.

A la nuque, on constate des lésions de grattage, du prurigo, qui descend

(1) JuLUEN, Société deDermalùlogie, 10 déc. 1S91; 10 mars 1892. — Troussart, Acaci*' mie djs icier.cs, 20 déc. 1S02.

POUX. -- PÉDICULOSE. - PHTHIRIASE 1039

parfois sur le dos, entre les omoplates ; le siège seul de ce prurigo doit faire soupçonner les poux. Souvent on note la présence d'impétigo aigu, en placards disséminés, sur la tête, la nuque, la face, les membres. C'est Vimpcligo conlagiosa, provoqué par les poux, qui, en entamant la peau, ont ouvert la porte au microbe pathogène (staphylocoque). Secondairement, les lésions prurigineuses, eczémateuses, impétigineuses du cuir chevelu déterminent des lymphangites et des adénites qui peuvent suppurer. Avant toute suppuration on relève habituellement, chez les enfants pouilleux, la présence de nombreux ganghons cervicaux, petits, durs, arrondis, mobiles, siégeant de chaque côté, derrière les sterno-mastoïdiens. On trouve aussi des abcès du cuir chevelu et des adéno-phlegmons du cou. J'ai vu un phlegmon sus-claviculaire étendu d'origine pédiculaire. Les furoncles, les anthrax, les pustules d'ecthyma ne sont pas rares. Consécutivement, on peut avoir des cicatrices indélébiles de la nuque, de la face ; j'ai rencontré souvent une pigmentation persistante de la nuque, rappelant la syphilis pigmentaire. Les complications assombrissent le pronostic de la pédiculose, qui d'ailleurs, par elle-même, est quelquefois très rebelle et d'une curation difficile.

Les poux du corps jouent un rôle important dans la transmission de certaines maladies : typhus exanthématique, fièvre récurrente. Les poux qui vivent sur les malades atteints de typhus transmettent par leurs piqûres, aux individus sains, l'agent virulent de cette maladie. Quant à la fièvre récurrente, ce n'est pas la piqûre des poux, qui inocule le spirille de Obermaier, c'est l'écrasement de l'insecte par les grattages qui fait pénétrer le spirille dans la circulation.

Traitement. — La propreté, le port des cheveux courts chez les garçons, résument la prophylaxie. Il est très facile de tuer les poux avec une solution de subhmé à 1 p. 500, avec l'onguent gris ou napolitain, la poudre de pyrèthre, l'alcool camphré, le xylol. Mais les lentes ne sont pas facilement attaquées. On les détachera avec le vinaigre chaud et le peigne fin :

Vinaigre 300 grammes.

Sul- limé 1 gramme.

Mais parfois cela ne suffit pas, quand on veut conserver les cheveux. Jî faut alors employer l'onguent napolitain, dont on imprègne le cuir chevelu le soir (10 à 20 grammes) en garnissant la tête d'un bonnet. Le lendemain matin, lavage à l'eau chaude savonneuse.

Chez les garçons, le traitement sera facile après la coupe des cheveux. On pansera les croûtes et éruptions impétigineuses avec la pommade boriquée ou salolée à 1. p. 10.

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