ASPHYXIE DU NOUVEAU-NE
Quand l'enfant, venant au monde, reste sans cri et sans respiration, il est dit en état d'asphyxie ou de mort apparente.
La peau est généralement violacée, surtout à la face et aux extrémités, qui 5ont presque noires. L'enfant est inerte, dans la résolution musculaire, sans vie et bientôt &ans chaleur. La langue elle-même est violacée et le contact de la muqueuse buccale presque froid. Les réflexes cutanés et muqueux sont abolis ou très atténués. Parfois le contact de la cornée fait contracter les paupières, le doigt introduit dans la gorge fait resserrer l'isthme du gosier. Le cœur bat faiblement et rarement ; on le sent à peine au palper.
L'apnée, d'abord complète, cesse au bout d'un certain temps, pour faire place à des respirations rares, saccadées, bruyantes. Parfois les muscles respirateurs se contractent, mais l'air ne pénètre pas, à cause d'un obstacle arrêté dans le larynx. Quand l'enfant doit revenir, les battements du cœur sont graduellement perceptibles, les mouvements respiratoires se rapprochent, la peau devient rosée, les membres sont animés de quelques mouvements, les yeux s'ouvrent, de petits grognements se font entendre. Au bout d'un quart d'heure, d'une demi-heure, la partie est gagnée. Quelquefois l'enfant, au lieu de naître violacé et asphyxié, vient avec sa couleur normale, puis rasph\'xie ne tarde pas à se déclarer par l'introduction d'un bouchon muqueux dans le larynx.
Il faut alors aspirer les mucosités, dont la présence entraîne le tirage.
Sous le nom d'asphyxie blanche, on a décrit surtout la syncope traumatique
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ou hémorragique, s'observant dans les accouchements laborieux. Dans ce cas, il peut y avoir des lésions cérébrales ou médullaires qui rendent la guérison très problématique. Il y a des formes mixtes où l'enfant semble à la fois cyanose et syncopal. En présence d'un nouveau-né qui ne respire pas, il s'agit de savoir si la mort est réelle ou seulement apparente. Un fœtus putréfié, macéré, se distingue aisément. Il ne faudrait pas abandonner un enfant dont on ne percevrait pas les battements cardiaques ; ils peuvent être imperceptibles à la vue et au palper, et Tarnier a conseillé de mettre une goutte d'eau sur la région précordiale en regardant attentivement ; s'il y a la moindre oscillation, on conclut à la mort apparente et non réelle.
A l'autopsie des enfants asphyxiés, on trouve une congestion veineuse viscérale, des ecchymoses sous-pleurales, de l'œdème cérébral, de l'atélectasie pulmonaire, des mucosités dans la trachée et les bronches, des hémorragies méningées parfois. Dans l'asphyxie blanche, on ne trouve pas toujours ■de lésions, ou bien ce sont des traumatismes osseux ou nerveux.
Sur un total de 5.449 accouchements, Demehn a relevé 188 cas d'asphyxie, soit un peu plus de 3 p. 100. Le pronostic est sérieux ; car, sur les 188 cas précédents, il y a eu 65 morts (34 p. 100) ; on ne sauve donc que les deux tiers des enfants nés en état de mort apparente.
Le traitement est important. On doit d'abord nettoyer l'enfant (bains savonneux), le flageller, le frictionner avec des linges chauds, lui donner un bain sinapisé. En même temps on désobstrue les voies aériennes avec le doigt, «n chatouillant les narines avec une barbe de plume. On fera les tractions rythmées de la langue, quinze fois par minute, suivant le procédé de Laborde. La respiration artificielle à l'aide des mouvements, de l'insufflation de bouche à bouche, du tube laryngien, est très recommandée. Quand on emploie le tube laryngien, il faut d'abord aspirer les mucosités avant d'insuffler l'air. Si l'on insuffle trop fortement, on peut produire de l'emphysème. On se servira de la poire en caoutchouc adaptée au tube de Ribemont.
Il y a longtemps déjà {Gaz. des Hop., 1881), le D'* Houzel a conseillé de plonger le nouveau-né alternativement et rapidement dans de l'eau très chaude (50^) et dans de l'eau froide, tout en faisant la respiration artificielle. Cette méthode lui a donné de très beaux succès.