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TRACHÉOCÈLE

Sous les noms de tumeur gazeuse préihyroïdienne, goitre aérien ou venteux, aérocèle, trachéocèle (Devalz, Soc, de Cliir., 1^^ oct. 1873), on a décrit une tumeur gazeuse du cou qui fait penser au goitre, sans avoir rien de commun avec lui. Car ce n'est qu'une sorte d'emphysème enkysté du cou.

Étiologie. — La trachéocèle s'observe à tous les âges, même dans la première enfance. Park West en a rapporté un cas chez un enfant de vingt mois qui en souffrait depuis l'âge de quinze mois. La maladie n'est pas congénitale, elle n'a pas d'attache avec les kystes congénitaux du cou, quoique Faucon ait rattaché un cas infantile à l'arrêt de développement des parois de la trachée.

La tumeur peut survenir spontanément ou à lasuited'un traumatisme. L'air qui la remplit peut provenir du larynx, de la trachée, des bronches.

Krishaber (Dicl. EncycL, 1883) admet deux mécanismes de production : 1» rupture du conduit aérien et épanchement gazeux dans la région avoisinante ; 2° hernie entre les cartilages du larynx ou de la trachée. Devalz aurait vu la hernie se faire à la partie antérieure de la trachée. Elle peut aussi se produire entre le cartilage cricoïde et le premier anneau, entre l'os hyoïde et le cartilage thyroïde. On voit se former alors une tumeur de la grosseur d'une noisette. Cette hernie de la muqueuse [irachedasie kystique de Virchow) débute en arrière et fait saillie latéralement, les corps vertébraux lui faisant obstacle. Peu à peu l'orifice de communication se rétrécit, se pédiculise et s'oblitère, et alors on peut avoir un kyste parfait, qui se transformera à la longue, cessera d'être gazeux, s'affaissera ou se remplira de liquide. Virchow a admis encore la possibilité d'une prolongation du ventricule laryngé au niveau de l'os hyoïde, sous la langue {laryngocèle venlriculaire).

Symptômes. — La tumeur, qui siège sur la partie antéro-latérale du cou, est peu volumineuse, arrondie, sonore à la percussion, molle au palper, parfois crépitante, réductible en partie ou en totalité, susceptible de gonflement par les efforts et les cris de l'enfant. On a noté la raucité, le chevrotement de la voix, parfois l'aphonie. En comprimant la tumeur, on peut ramener la voix. Indolence à la pression, pas de douleurs spontanées. A l'auscultation, murmure vésiculaire affaibli et voilé.

Quand la tumeur descend près de la clavicule, on a parfois un souffle amphorique avec pectoriloquie disparaissant par la compression delà tumeur- Gela se perçoit quand la trachéocèle est due à une hernie de la muqueuse. Quand elle résulte d'une rupture avec épanchement gazeux consécutif, elle apparaît brusquement, avec les caractères de mollesse et de crépitation qui caractérisent l'emphysème.

Tantôt cet emphysème s'étend, se généralise, se résorbe ; tantôt il s'enkyste pour former la trachéocèle. Tous ces symptômes se vérifiaient dans le cas de Park West, cité plus haut, et dans celui de Barbosa dos Santos (Fernandez Figueira, Séméiologie infantile, Paris, 1903). Le D^ Guyot [Journat de Médecine de Bordeaux, 7 oct. 1906) a observé une trachéocèle bilatérale chez une fillette de deux ans rachitique : tumeur intermittente à la région cervicale droite, saillie sus-claviculaire au moment de l'expiration, augmentation par les cris et les efforts, affaissement inspiratoire. Tumeur réductible à la pression, sans douleur, dyspnée ni modification de la voix. A gauche, dans les inspirations fortes, petite tumeur ayant les mêmes caractères. La première tumeur a le volume d'un œuf de poule, la seconde celui d'une noisette.

Diagnostic. — Le diagnostic est rendu difficile par la rareté et l'imprévu de la tumeur. Les goitres siègent dans la thyroïde et ont une consistance plus ferme, un volume invariable ; ils ne sont pas réductibles. Les kystes congénitaux, les abcès froids et adénites se distinguent par la fluctuation pour les premiers, par le caractère inflammatoire pour les dernières. L'empliysème ordinaire est diffus, étalé, très crépitant, et ne forme pas tumeur.

Pronostic incertain, durée très longue ; la vie n'est pas compromise.

MALADIES DU THYMUS 589

Traitement. — L'extirpation offre des risques ; cependant elle est préconisée par les chirurgiens (D'' Guinard, Gazette des Hôpitaux, 8 déc. 1906).

RÉTRÉCISSEMENTS CONGÉNITAUX DE LA TRACHÉE. Le D^ L. dcS McS-

nards (Thèse de Bordeaux, 1907) a étudié les rétrécissements congénitaux de la trachée d'après 4 observations. Ces rétrécissements siègent au tiers moyen ou au tiers inférieur. L'enfant présente de la dyspnée dès la naissance et il ne tarde pas à succomber. Peut-être que la bronchoscopie si perfectionnée aujourd'hui permettrait de lutter avec succès contre cette malformation.

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