TUBERCULOSE DES GANGLIONS SOUS-CUTANÉS
mais dans la syphilis, dans la dyspepsie gastro-intestinale, dans la rougeole compliquée de broncho-pneumonie. La valeur étiologique de cette adénopathie a donc été exagérée. J'avoue que, pour mon compte, je suis disposé à souscrire aux conclusions restrictives de Potier.
Il existe, dans la première enfance, une petite affection ganglionnaire, qu'on pourrait appeler fièvre ganglionnaire ou adénopalhie aiguë fébrile, caractérisée par un engorgement subit des ganglions sous-maxillaires ou cervicaux, avec fièvre, anorexie. Cette infection est indépendante de la tuberculose ; elle est due à la pénétration de microbes pathogènes à travers la muqueuse de la gorge (Voy. l'article Fièvre ganglionnaire). Il existe une forme de tuberculose ganglionnaire généralisée qui simule la leucémie et se termine comme elle par du purpura et des hémorragies : masses ganglionnaires au cou, ganglions bronchiques volumineux, carreau, gros foie, grosse rate avec granulations disséminées dans ces organes, poumons plus ou moins atteints, parfois creusés de cavernes. J'ai vu deux fillettes (sept et quinze ans) présenter ce syndrome. Pendant la vie, nous avions pensé à la leucémie aiguë ; après la mort, le diagnostic de tuberculose ganglionnaire pseudoleucémique s'est imposé.
Traitement. — Le traitement a une grande importance ; les ganglions tuberculeux étant facilement accessibles, il a paru indiqué à beaucoup de chirurgiens de les détruire par le fer, par le feu, par les agents antiseptiques. L'incision simple d'un foyer ramolli et suppuré, si elle n'est pas suivie de grattage et de cautérisation, ne suffit pas ; l'extirpation complète serait plus logique. On peut, dans quelques cas, attaquer les ganglions infiltrés avec le thermocautère ou le galvaiiocautère.
Verneuil [Revue de chirurgie, 1885) a conseillé de faire des injections interstitielles avec l'éther iodoformc ; ces injections sont douloureuses et suivies parfois d'une réaction inflammatoire très vive. Celles de vaseline liquide iodoformée sont mieux tolérées (Morel-Lavallée). On peut aussi essayer le naphtol, préconisé par Bouchard :
Naphtol p .5 grammes.
Alcool à 90° 55 —
Eau distillée Q- S. pour 100 cent, cubes.
La méthode sclérogène de Lannelongue (injection de chlorure de zinc à 1 p. 20 ou 1 p. 40) est préférable. Plus récemment on a traité les adénopathies chroniques par les rayons X. La radiothérapie est à l'ordre du jour ; elle a parfois une efficacité merveilleuse, il faut l'essayer.
Concurremment avec cette thérapeutique locale, on prescrira les toniques et reconstituants, l'huile de morue, le sirop iodo-tannique, les eaux minérales chlorurées sodiques, la Bourboule, et surtout la cure maritime. Quand l'adénopathie siège au cou, il faut être très conservateur et, avant de prendre le bistouri, épuiser toutes les ressources du traitement médical.