TUMEURS MALIGNES DU POUMON ET DE LA PLÈVRE
Nous confondrons dans la même description les néoplasmes du poumon et de la plèvre, ces organes étant soHdaires l'un de l'autre.
Étiologie. — Les sarcomes et cancers du poumon et de la plèvre sont rares dans l'enfance. Stefïen, dans sa monographie, rapporte seulement 16 tumeurs -du poumon et 7 de la plèvre. A ces cas on peut ajouter ceux que le D^ Araoz
Alfaro a réunis dans son article du Traité des Maladies de V Enfance (t. HT, Paris, 1904). L'âge des sujets est variable ; plusieurs sont des nouveau-nés ou des nourrissons de quelques mois ; d'autres ont quatre ans, cinq ans, sept ans, dix ans, douze ans, quatorze ans. C'est dire que le cancer du poumon peut s'observer à tous les âges. La tumeur est tantôt primitive et tantôt secondaire à un autre néoplasme ; quelquefois elle peut être dite congénitale, vu la précocité de son développement ; mais elle est le plus souvent acquise.
Anatomie pathoIogiqu3. — La néoplasie la plus fréquente est le sarcome : à cellules rondes ou globo-cellulaire, fuso-cellulaire, angio-sarcome, lympho-sarcom3, ostéo-sarcome, mélanique. Steffen ajoute le carcinome et l'épithéliome. Parmi les sarcomes primitifs, il faut retenir les cas de Mirinescu et Baroncea (fille de quatorze ans, Rev. des mal. Enf., février 1894), de Hofmokl (garçon de sept ans, Soc. de méd. de Vienne, 1884), de Aiâoz Alfaro et Santas (fille de quatre ans. Soc. méd. Argenlina, nov.-déc. 1902), de Louis Fischer (garçon de huit ans, Arch. of Ped., mai 1902). Dans les cas de Fischer et de Santas, une masse du poumon gauche refoulait le cœur à droite. C'était un sarcome à cellules fusif ormes dans le premier cas, à cellules rondes dans le second. Le sarcome de Mirinescu et Baroncea présentait au centre une cavité à contenu puriforme. Dans celui de Santas, il y avait au centre de la tumeur une très petite zone ramollie. Chez un garçon de 5 ans de J. Porter Parkinson {B. Soc. of Mec/., mars 1918), mort asphyxié malgré la ponction (120 gr. de sang), on trouve un sarcome primitif du poumon gauche à petites cellules rondes avec nodule costal secondaire. Matité à gauche, cœur refoulé, toux paroxystique, mort en 10 semaines. Langmead a présenté un cas identique en 1906 (Soc. of Ihe Sliidy of Dis. in Ch.). Le cœur peut être envahi par les néoplasies pleuro-pulmonaires. D'autres organes sont atteints à distance (métastases).
Symptômss. — Tantôt il y a des symptômes de pneumonie ou pleurésie, tantôt c'est une tumeur qui fait saillie à l'extérieur dans l'aisselle, près du mamelon. Cette proéminence, dure non fluctuante, s'affaisse peu à peu, en même temps que la douleur, la toux, la dyspnée, font leur apparition. La percussion du thorax dénote une matité étendue. Quant à la néoplasie siège à gauche, le cœur est refoulé à droite, comme dans les grands épanchements. La ponction ne donne aucun liquide. A la surface, les veines dilatées se dessinent. La dyspnée de plus en plus intense, va jusqu'au tirage et à la cyanose. Parfois fièvre et sueurs froides. Cachexie progressive. L'examen radioscopique montre une ombre épaisse et étendue. Marche rapide de la tumeur et des accidents qui en dérivent. En quelques mois, les enfants succombent. Pronostic absolument fatal.
Diagnostic. — On ne s'attend pas à rencontrer une affection aussi rare, et l'on pense plus volontiers à une pleurésie, à un kysle hydatique, à un abcès. Mais la ponction exploratrice ne permet pas de s'arrêter à ces diagnostics. Les progrès étonnamment rapides du néoplasme, l'asphyxie imminente, la cachexie précipitée ne laissent bientôt plus place au doute. Le diagnostic de tumeur maligne s'impose.
Traitement. — Le malade de Fischer a été opéré sans aucun succès. Pour