‹ Traité des maladies de l'enfanceChapitre 74 sur 342 · PLEURÉSIE PUTRIDE · texte numérisé non relu

PLEURÉSIE PUTRIDE

Une injection de tuberculine n'a pas donné de fièvre. L'examen du liquide montre qu'il est neutre ou alcalin, d'une densité variant de 1.008 à 1.020 ; la grai. se a été trouvée dans la proportion de 3 à 4 p. 100 dans les diverses analyses, les matières protéiques de 5 à 8 p. 100. Une dernière ponction a ramené 900 grammes de liquide chyleux ayant 1.014 de densité et contenant 6 p. 100 de matières grasses. Godfrey R. Pisek [Arch. of Ped., déc. 1917) a vu le chylothorax droit chez une fille de 2 mois avec guérison : 2 ponctions de 170 et 250 gr. de liquide laiteux (graisse).

De Witt H. Sherman (Arch. of Ped., sept. 1907) soigne un garçon de quatre ans et demi, oppressé, cyanose ; matité étendue à gauche avec déplacement du cœur et de la rate. La ponction donne 840 grammes de liquide laiteux contenant 23 p. 1.000 de graisse et s'éclaircissant par l'éther. Les ponctions successives donnent 600 et 1.200 grammes de ce liquide. Guérison constatée quinze mois après. Sur 60 cas rassemblés par l'auteur, 13 (3 douteux) concernent des enfants. Un régime alimentaire pauvre en graisse fait diminuer le pourcentage des matières grasses du liquide chylifoime.

Traitement. — Il faut toujours intervenir dans la pleurésie purulente de l'enfance. On fera d'abord une ponction, puis une seconde, si l'épanchement se reproduit ; mais il ne faut pas aller au-delà et perdre un temps précieux, sous prétexte que l'épanchement est à pneumocoques et qu'il peut guérir par les ponctions. Ce traitement est insuffisant et ne donne qu'un soulagement momentané ; il ne supprime pas le foyer infectieux.

Il faut après une ou deux ponctions, ouvrir largement un espace intercostal (pleurotomie). La résection costale est superflue, sauf pour les enfants très jeunes. Après l'évacuation complète de la plèvre, on place un ou deux gros drains et on panse avec la gaze stérilisée et d'épaisses couches d'ouate sans lavage. Quelquefois, on est obligé de faire plusieurs lavages (putridité de l'épanchement, retour de la fièvre). Si l'opération est bien faite, la guérison peut être obtenue en quinze jours ou trois semaines. Cependant il peut persister une fistule pleurale pendant quelques mois. Parfois, quand l'opération a été tardive, le thorax s'affaisse du côté malade, et l'enfant présente une scoliose.

Si la pleurésie est enkystée, on peut la traiter par les injections interstitielles de sublimé à 1 p. 4.000, de chlorure de zinc à 5 p. 100, d'eau naphtolée. Une simple ponction exploratrice, dans les pleurésies minimes, peut être suivie de guérison ; je l'ai vu comme L. Morquio. P. Nobécourt et J. Paraf ont guéri 2 nourrissons par les injections intra-pleurales de sérum antipneumococcique {Soc. de Péd., 20 mai 1919).

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