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ARYTHMIE CARDIAQUE ET BRADYCARDIE

50 Arythmie des névroses. — L'arythmie est fréquente dans la chorée de Sydenham (chorée du cœur) ; elle se voit aussi dans l'hystérie, l'épilepsie, l'excitation cérébrale des jeunes sujets, l'onanisme.

6^ Arythmie de convalescence. — La convalescence des maladies aiguës fébriles s'accompagne très souvent de ralentissement du pouls avec irrégularités, faux pas, arythmie plus ou moins notable. J'ai vu dans la fièvre typhoïde le pouls descendre à 44 avec arythmie ; dans la pneumonie, chez une fille de onze ans, j'ai noté 42 pulsations à la minute. Mêmes constatations dans la diphtérie, avec ou sans intervention du sérum. Si l'irrégularité et la lenteur du pouls, en pareils cas, s'accompagnent de pâleur de la face, de nausées, de lipothymie, on doit craindre la myocardite. La bradycardie se rencontre aussi, avec ou sans arythmie, dans la convalescence de la scarlatine, de la rougeole, de l'érysipèle, du rhumatisme articulaire aigu ; elle coïncide souvent avec une crise urinaire, une polyurie plus ou moins notable.

Dans la convalescence des maladies fébriles de longue durée, l'arythmie pourrait être attribuée à la faiblesse, à l'inanition, à l'anémie. Mais, quand on voit le rythme cardiaque s'altérer, aussi bien après une fièvre éphémère, une grippe, une pneumonie abortive, qu'après une fièvre prolongée, on ne saurait agréer cette explication, et l'on en arrive à supposer que les centres régulateurs des mouvements du cœur sont impressionnés par les toxines, par les poisons microbiens en circulation.

Tantôt l'arythmie est purement nerveuse, réflexe (enfants bien portants, nerveux, impressionnables) ; tantôt elle relève de l'intoxication ou de la toxiinfôction. Qu'il s'agisse d'une intoxication exogène ou d'une auto-mtoxication, le sang charrie des poisons ou des toxines qui vont impressionner non seulement l'endocarde, mais les nerfs et les ganglions du cœur, le bulbe et les noyaux du pneumogastrique. La section de ce nerf produit l'accélération des battements du cœur ; son excitation produit le ralentissement, et les frères Weber ont bien montré que le pneumogastrique était le nerf modérateur, le nerf d'inhibition du cœur.

Symptômes et pronostic. — Un enfant présente de la lenteur, de la faiblesse^ de l'irrégularité du pouls ; doit-on s'en effrayer ? Quand il s'agit d'intoxication accidentelle ou thérapeutique, l'arythmie indique la saturation. Il suffit de supprimer le poison pour faire disparaître le symptôme. Quand l'arythniie survient dans la convalescence d'une maladie aiguë, c'est une arylhmie critique, de bon augure, indiquant que la guérison est proche. On s'inquiétera si l'arythmie s'accompagne de pâleur, de faiblesse extrême, avec nausées, algidité, car le cœur peut s'arrêter, la paralysie bulbaire étant imminente. Avant de considérer l'arythmie comme symptomatique d'une méningite, on passera en revue toutes les causes capables de ralentir et de troubler le pouls,, et on arrivera facilement à écarter le diagnostic effrayant de méningite.

Traitement. — L'arythmie des enfants sains, dite encore arythmie essentielle, néurosiqiie, psychique, émotionnelle, n'appelle aucun traitement. On recommandera seulement une bonne hygiène physique et cérébrale, la vie au grand air, l'hydrothérapie, la suppression des excitants. S'il s'agit d'un

empoisonnement accidentel ou thérapeutique, on remontera à la cause pour en annuler les effets. Si l'on soupçonne une auto-intoxication digestive, on fera l'antisepsie intestinale (purgatifs, calomel, benzo-naphtol). S'il y a des vers intestinaux, on donnera les anthelminthiques usités. L'arythmie critique des convalescents ne fournit aucune indication thérapeutique, à moins qu'elle ne s'accompagne de collapsus, d'algidité. Dans ce cas, on prescrira : les friction's excitantes, les injections de sérum artificiel, d'éther, de caféine, de spartéine, d'huile camphrée ; les inhalations d'oxygène, les bains sinapisés, la vessie de glace sur le cœur, l'électrisation.

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