‹ Traité des maladies de l'enfanceChapitre 95 sur 342 · MALADIE DE ROGER · texte numérisé non relu

MALADIE DE ROGER

lose pulmonaire. Cependant on a vu quelques malades atteindre un âge assez avancé (cinquante et soixante ans).

D'après Smith, sur 186 cas, il y a eu 67 morts dans la première année, 54 entre un et dix ans, 41 entre dix et vingt ans, 20 entre vingt et quarante ans, 4 seulement au-dessus de cet âge. Il faut enfin compter avec la tuberculose. Le pronostic est donc très grave, et l'on doit conserver peu d'espoir d'une longue survie.

Diagnostic. — Le diagnostic de la cyanose congénitale est facile, d'après la coloration des téguments et des muqueuses et les commémoratifs qui indiquent le début de la maladie. Ce qui est difficile, c'est de reconnaître le siège e!: la nature des lésions cardiaques originelles. On étudiera avec soin l'étendue et la forme de la matité précordiale, le siège et le temps des souffles.

On arrivera presque toujours à reconnaître l'existence d'un rétrécissement de l'artère pulmonaire. Cependant le souffle peut manquer, même avec un rétrécissement prononcé (Variot, Soc. des Hôp., 1890 et 1903). Chez un nourrisson de six mois, atteint de cyanose congénitale, quoiqu'il n'y ait eu aucun souffle pendant la vie, j'ai pu vérifier la communication interventriculaire, le rétrécissement pulmonaire et l'hypertrophie du ventricule droit. Les parois de ce ventricule étaient trois fois plus épaisses que celles du ventricule gauche. Dans les cas de Variot, il y avait égalité d'épaisseur, probablement aussi de pression des ventricules, et l'absence de souffle serait ainsi expliquée.

A l'autopsie, on distinguera un rétrécissement acquis d'un rétrécissement congénital par l'altération des valvules, qui existe dans le premier et manque dans le second.

Traitement. — Le traitement de la cyanose congénitale ne peut être que pafliatif ; on prescrira le repos, l'éloignement de toute fatigue, de tout effort, de toute émotion ; on donnera la digitale à petites doses (V à X gouttes de teinture, 5 à 10 centigrammes de feuilles en infusion) ; les ventouses sèches, l'oxygène en inhalations, permettront de combattre la dyspnée ; les bains d'air comprimé remplissent le même but. On donnera aussi des toniques et reconstituants (fer, quinquina, huile de foie de morue). Quand cela sera possible, on conseillera le séjour dans les stations hivernales à température douce et constante.

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