Ziegler, Allg. und spec pathol. Anatomie
GASTRITES ATGUES.
sèche; plus tard elle devient fuligineuse. Le ventre est plus ou moins ballonné; quelquefois il existe un tympanisme considérable dès le début, quelquefois au contraire il apparaît seulement quand le péritoine s'est enflammé. La diarrhée n'est pas rare, sauf lorsqu'il y a péritonite. Enfin on a constaté de l'ictère. En palpant la région abdominale on provoque des douleurs intolérables ; dans certains cas on sent la collection purulente qui forme une véritable tumeur. La rate est grosse, douloureuse. L'urine est rare, très colorée, albumineuse; elle contient des cylindres hyalins, du sang.
Enfin la gravité de l'état général est sans contredit le symptôme qui doit frapper le plus l'observateur. La face grippée, le pouls petit et rapide, la température élevée, une soif intense, des frissonnements répétés, indiquent déjà une situation particulièrement mauvaise ; souvent à ces phénomènes si inquiétants s'associe une céphalalgie intense, et même du délire, bientôt remplacée par un coma plus ou moins profond.
La durée de cette gastrite phlegmoncuse est variable; mais elle n'est jamais très longue. Sur 22 observations la mort était survenue 12 fois avant le 6% 20 fois avant le 10'= jour. Quelquefois les accidents évoluent plus lentement, en 13 jours une fois, en 7 mois et demi une autre. Enfin quand la guérison, d'ailleurs exceptionnelle, a eu lieu, elle n'a été complète, une fois qu'après vingt et un jours, et une autre fois que trente jours après le début.
Le diagnostic est difficile : on peut même dire que celui des abcès circonscrits est presque impossible à faire. Lorsqu'il s'agit de la forme diffuse du phlegmon, l'hésitation est permise entre une péritonite, un ulcère et une gastrite toxique. Un examen attentif du malade, une critique et une analyse minutieuses des symptômes qu'il pré-
Durée.
Diagnostic
sente mettront seuls sur la voie du diagnostic; ce dernier sera toujours extrêmement vague jusqu'au moment oii les matières vomies renfermeront du pus. Celui-ci peut même provenir d'une collection purulente du voisinage ouverte dans l'estomac. Quant au pronostic, si l'on ajoute aux faits de guérison cités plus haut un cas de Mazet^ rapporté par Auvray,on verra que la survie n'a guère lieu que dans 6 à 7 p. 100 des cas.
Étiologie.
do la gastrite toxique.
Anatomie jiathologique.
Les lésions consécutives à l'ingestion de substances corrosives ou puissamment irritantes, et groupées sous le nom de gastrite toxique, sont plus redoutables encore que celles qui résultent de la gastrite phlegmoneuse. Ces substances sont avalées, soit par mégarde, soit intentionnellement. Ce sont les acides minéraux concentrés, l'acide oxalique, les alcalis, l'acide phénique, le phosphore, le sublimé corrosif, l'arsenic, l'alcool pur dont on a le plus souvent à constater les effets.
L'étude anatomo-pathologique des lésions résultant de ces empoisonnements intéresse surtout le médecin légiste qui devra rechercher avec soin les traces de la substance toxique, en caractériser déjà la nature par l'aspect des tissus et l'examen des organes autres que l'estomac, et enfin se livrer, à cette occasion, à toute une série de recherches chimiques sur lesquelles nous ne pouvons nous étendre ici.
D'une façon générale, les substances corrosives, acides et alcalines exercent leur action sur toute l'étendue du