Brinton, traduit par Riant. Paris, Dclaliayc
Cicatrices.
Etat des sécrétions.
Symptômes.
douleur aiguë, brûlante. Les nausées, puis les vomissements, deviennent de plus en plus fréquents à mesure que la douleur augmente. Ils se composent de mucus, de sang en plus ou moins grande abondance et des substances alimentaires et toxiques contenues dans l'estomac. La région épigastrique, extrêmement douloureuse, ne peut plus supporter le moindre contact et les malades prennent toutes les positions imaginables pour relâcher leurs muscles abdominaux qui sont quelquefois spasmodiquement contractés.
A ces symptômes locaux s'en ajoutent d'autres, selon que le poison a plus ou moins violemment attaqué les parties supérieures ou inférieures du tube digestif; en même temps, le pouls et la respiration s'accélèrent, la température de la peau s'élève, puis à cette période d'excitation succède une dépression souvent considérable, un abattement profond. La peau est visqueuse, froide; le pouls, petit, rapide, s'affaiblit graduellement; il se produit un hoquet continuel, et le malade finit par succomber après avoir présenté un ralentissement progressif de la respiration, et sans avoir souvent perdu l'usage de ses facultés intellectuelles. Si la scène se prolonge, une péritonite suraiguë peut amener la mort, qui survient alors dans le coma. Enfin l'action générale du poison se fait sentir, et des symptômes nouveaux viendront, selon chaque cas particulier, compliquer les accidents que nous venons de décrire. Il ne faut d'ailleurs pas oublier qu'ils auront pu précéder les manifestations gastriques, comme dans l'intoxication arsenicale; Tardieu a montré dans ce cas particulier que les lésions de l'estomac se produisaient plus facilement quand le poison était introduit dans l'organisme par une autre voie que la voie digestive.
GASTRITES AIGUËS
Il est probable d'ailleurs, que dans bien des circonstances les substances toxiques ingérées déterminent des lésions gastriques, non plus par action directe, mais par action indirecte, comme le fait l'arsenic dans l'exemple que nous venons de rapporter. Il y aurait donc lieu de distinguer, dans le groupe classique des gastrites toxiques, celles qui sont dues à l'action directe d'un caustique et celles qui se manifestent secondairement à la présence dans le sang du poison incriminé, ce dernier eût-il été même introduit par la bouche. Dans ce dernier groupe se range, entre autres, l'intoxication par l'alcool. Il est, en effet, exceptionnel que l'on absorbe de l'alcool absolu, caustique. Celui qui entre dans la consommation est en général de l'alcool à 30" environ. L'irritation produite directement sur la muqueuse par ce liquide dilué encore par le mucus, la salive et les diverses sécrétions, est certainement très faible ; les phénomènes de gastrite qu'il provoque tiennent bien plutôt à la présence dans le sang, dans la lymphe chargée de nourrir les éléments anatomiques , glandulaires et autres, des substances anomales ainsi introduites.
Dans les intoxications aiguës, si le malade ne succombe pas à l'action du caustique, il présentera, à plus ou moins bref délai, les phénomènes qui traduisent l'existence de cicatrices vicieuses, soit dans l'œsophage, soit dans l'estomac, soit au pylore. Au point de vue qui nous intéresse nous retiendrons seulement ces derniers, dont nous retrouverons l'histoire en étudiant la dilatation.
Action des suljstaiicoH toxiques introduites dans lo sannr.
La thérapeutique des gastrites aiguës est éminemment variable comme les causes qui peuvent les produire; si elle est à peu près impuissante dans la forme phlegmoneuse, il n'en est plus de même dans les autres cas, et nous devons nous y arrêter quelques instants.
Dans la gastrite aiguë simple, ab ingestis ou secondaire à une pyrexie, le meilleur moyen, pour venir à bout des accidents, est de débarrasser l'estomac des produits alimentaires qu'il peut encore contenir, et lui assurer ensuite un repos relatif. On aura donc recours aux purgatifs salins, le sulfate de soude de préférence, que l'on administrera selon l'âge et le sexe du sujet à la dose de 15 à 40 grammes (de 20 à 40 grammes chez l'adulte), soit sous forme d'eau minérale, soit simplement en solution dans l'eau. On formulera par exemple :
Sulfate de soude 30 grammes.
Sirop d'écorces d'oranges. 60 —
Eau 240 —
A prendre en deux fois à un quart d'heure d'intervalle.
Puis, pendant les 24 ou 48 heures suivantes, on maintiendra le malade à une diète relative, en permettant seulement l'ingestion d'une petite quantité de lait coupé d'eau, alcaline ou non. Il va sans dire que cette diète doit se prolonger, quand une maladie générale concomitante le nécessite.
Si le sujet est atteint de coprostase habituelle, et s'il a déjà une longue habitude des purgatifs, il vaudrait mieux avoir recours à l'huile de ricin. Celle-ci peut s'administrer par la voie buccale, mais elle produit des effets tout aussi
GASTRITES AIGUËS
marqués quand on la donne en lavements. Pour produire une purgation énergique, on ajoute au lavement une goutte d'huile de croton et on formule ainsi :
Huile de ricin ...... 30 grammes.
Huile de croton I goutte.
Jaunes d'œufs ]>}° I
^'•^^ ' . . . . 200 grammes.
Pour un lavement.
L'ipéca constitue également une médication remarquable- Los vomitifs, ment active de la gastrite aiguë simple; les vomissements qu'il provoque ne s'accompagnent pas des phénomènes inquiétants qui faisaient quelquefois suite à l'administration de l'émétique et on le donne, sans crainte, à la dose de 1 à 2 gr. chez l'adulte; les évacuations alvines qui succèdent à son ingestion ajoutent leurs .effets à ceux des vomissements et la guérison est le plus souvent rapide.
L'apomorphine à la dose de 0, OOS à 0, 065 en injections ' sous-cutanées, de O^^IO à O^^IS par la voie buccale, de 0=^10 à 0^20 en lavements, remplacerait l'ipéca, mais sans grand avantage dans le cas particulier; il en est de même des sels de cuivre (0^-,10 à 0^"-,40 de sulfate).
Nous avons montré ailleurs ^ que ces gastrites étaient Le lavage justiciables du lavage de l'estomac, avec de l'eau pure ou chargée de principes médicamenteux antiseptiques, tels que la résorcine bi-sublimée (4 à 2 p. 100), l'acide borique, etc. On peut avantageusement substituer les alcalins aux antiseptiques, et le lavage est encore le moyen le meilleur et le moins pénible pour le malade, de débarrasser • l'estomac des produits de fermentation, des débris alimentaires et des micro-organismes qui l'irritent.
Le traitement de la gastrite phlegmoneuse est pure-